L'Etat russe veut ouvrir le capital de Rosneft pour 2006

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Le gouvernement russe souhaite procéder au second semestre 2006 à une introduction en Bourse de Rosneft, dont il détient 100 % du capital, afin de financer l'acquisition de 10,7 % de Gazprom. L'opération, destinée à donner à l'Etat russe la majorité au capital du géant gazier, vient remplacer la fusion échouée en mai entre Rosneft et Gazprom, qui devait aboutir au même résultat.La direction du troisième producteur de pétrole russe avait refusé que la compagnie serve de simple monnaie d'échange, préférant garder le contrôle sur une compagnie dont la taille a littéralement doublé aux dépens de Ioukos. Morgan Stanley évalue aujourd'hui Rosneft à 26,4 milliards de dollars, ce qui permet théoriquement au gouvernement russe de lever quelque 6,6 milliards pour une introduction de 25 % du capital, soit un peu moins que la somme de 7,1 milliards requise pour la part de 10,7 % de Gazprom.Toutefois, l'intérêt des investisseurs risque d'être atténué par la situation financière inquiétante du pétrolier d'Etat et par la réputation de sa direction, constituée pour l'essentiel d'hommes issus des services secrets. Ainsi, Igor Setchine, à la fois directeur du conseil d'administration de Rosneft et vice-directeur de l'administration présidentielle russe, est davantage connu comme l'artisan de la destruction de Ioukos que comme un gestionnaire compétent.Risque de poursuites. Depuis que Rosneft a commencé à grignoter l'empire Ioukos, le pétrolier d'Etat est parvenu à multiplier par cinq sa dette totale, qui atteint désormais 22,65 milliards de dollars. En outre, les actionnaires de Ioukos ont garanti à Rosneft d'interminables poursuites judiciaires devant les cours internationales.En publiant lundi son rapport annuel 2004, Rosneft a levé le voile sur certains détails jusqu'ici mystérieux du financement de Iouganskneftegaz. La compagnie admet désormais que Iouganskneftegaz valait 76 % de plus que le prix payé aux enchères de décembre, soit 7,3 milliards de dollars de plus que les 9,3 milliards payés. N'ayant pas - loin s'en faut - la somme requise, Rosneft a dû précipitamment emprunter 1,8 milliard de dollars à une banque d'Etat (dont le nom reste secret) à un taux de 8 % par an et, en outre, a émis des obligations à court terme pour une valeur de 6,102 milliards de dollars à un taux de 2,5 %.Rosneft rêve maintenant de rembourser ses dettes sur le dos amaigri de Ioukos. Il s'agit d'une part de faire porter à Ioukos les 5 milliards de dollars que doit Iouganskneftegaz à l'Etat. Et d'autre part, de récupérer, pour une bouchée de pain, les actifs restants que Ioukos devra céder pour régler sa dette.E. G., à Moscou

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