En perte de vitesse, Microsoft s'épuise à racheter ses actions

Les géants américains de la technologie ne passionnent plus les investisseurs. Outre IBM et Intel, Microsoft en est l'exemple le plus frappant. Aujourd'hui, le numéro un mondial des logiciels, qui était il y a encore pas si longtemps la première capitalisation boursière mondiale, erre dans le "ventre mou" du Dow Jones, affichant même une baisse annuelle de 7 %. À un peu plus de 17 fois la prévision de bénéfice net pour 2006, sa valorisation est à peine supérieure à la moyenne des entreprises du S&P 500.Une situation qui pourrait durer encore quelques mois, alors que la croissance des ventes reste limitée. En hausse de 6 %, à 9,74 milliards de dollars, le chiffre d'affaires du premier trimestre de l'exercice 2005-2006 est ainsi légèrement inférieur aux attentes de Wall Street. Et le groupe de Bill Gates se montre prudent pour le dernier trimestre 2005. Microsoft prévoit un chiffre d'affaires égal ou légèrement inférieur à 12 milliards de dollars alors que les analystes attendaient au moins 500 millions de plus. La firme de Redmond avance deux explications : une mise sur le marché progressive de la console de jeux Xbox 360, dont la sortie est prévue aux États-Unis pour le 22 novembre, et le lancement d'une nouvelle version du logiciel de base de données SQL. Microsoft prévoit de vendre de 4,5 à 5,5 millions de Xbox 360 d'ici à juin 2006. Les analystes espéraient au moins 6 millions.Un effort "vain". Dans ces conditions, les investisseurs préfèrent se tourner vers des sociétés plus petites mais plus dynamiques, à l'image de Google. Du coup, pour tenter de les retenir, Microsoft a annoncé vendredi qu'il va accélérer son programme de rachat d'actions. Les 19 milliards de dollars, soit 7 % de la capitalisation actuelle, seront dépensés d'ici à la fin de décembre 2006, deux fois plus rapidement que prévu. Un effort vain, selon le courtier Merrill Lynch. Dans une récente note, il indique que la valorisation de l'action Microsoft a été divisée par trois depuis 2000 alors que dans le même temps les dépenses annuelles consacrées au rachat d'actions ont quasiment été doublées, atteignant 35 milliards.Selon Merrill Lynch, pour retrouver de l'attrait auprès des investisseurs, Microsoft ferait mieux de distribuer de plus gros dividendes. Même s'il triplait son dividende annuel (à 10,4 milliards par an), et s'il maintenait ses rachats d'actions, compte tenu de sa capacité de génération de cash, l'éditeur de logiciels finirait l'exercice 2008-2009 avec encore 25 milliards dans ses caisses. O. Pi.

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