La prudence d'EADS laisse les analystes sur leur faim

Prudence est mère de sûreté. Mais un peu d'audace n'est pas pour déplaire aux analystes. "Le relèvement des perspectives annuelles d'EADS nous paraît très conservateur", a donc regretté hier le bureau d'analyse Oddo, après la publication des résultats trimestriels du groupe d'aéronautique européen. Dont le cours s'est replié mercredi de 0,23 %, à 29,91 euros. EADS, qui tablait sur un résultat opérationnel supérieur à 2,6 milliards d'euros pour 2005, vise désormais 2,75 milliards. Et l'objectif de bénéfice par action passe de 1,50 à 1,65 euro, pour un chiffre d'affaires toujours attendu autour de 33 milliards. EADS justifie sa prudence par deux arguments. D'abord, les pertes de la filiale de maintenance Sogerma devraient s'avérer plus lourdes qu'attendu. Ensuite, le groupe pourrait provisionner 100 millions d'euros, au titre de retards portant sur deux contrats dans les drones (avions sans pilote). Des problèmes qui ne pourront être compensés par les livraisons d'Airbus, attendues au niveau élevé de 370 en 2005. EADS misait jusqu'à présent sur 360 à 370 appareils.260 millions d'économies. Sur les neuf premiers mois, les livraisons d'Airbus, filiale à 80 % d'EADS, ont déjà grimpé de 21 %. Et le programme de réduction des coûts "route 06" a généré 260 millions d'euros d'économies. Ce qui a contrebalancé un taux de couverture vis-à-vis du dollar devenu défavorable, en raison de la remontée du billet vert. Au passage, c'est ce rebond de la devise américaine, monnaie de facturation dans l'aéronautique, qui a entraîné une envolée de près de 40 % de l'action depuis janvier.Airbus représente toujours le gros des résultats du groupe, avec 88 % du bénéfice opérationnel. Aussi EADS achève- t-il les trois premiers trimestres sur une envolée de 41 % de son résultat opérationnel, à 2,1 milliards, pour un chiffre d'affaires en hausse de 9 %, à 23,4 milliards. Quant au bénéfice net, il bondit de 74 %, à 1,03 milliard. Mais les analystes interrogés par l'agence Reuters n'en espéraient pas moins. Voire davantage. Les divisions autres qu'Airbus (militaire, espace, défense, sécurité) affichent des performances "légèrement décevantes", estime Oddo, à la vue d'un résultat opérationnel en chute de 26 % sur le seul troisième trimestre, pour l'ensemble de ces activités.Déception aussi pour Cheuvreux, qui fustige une capacité d'autofinancement libre négative de 58 millions au troisième trimestre. "Ce trimestre est traditionnellement le plus faible, en termes d'activité", a allégué le directeur financier, Hans Peter Ring. En vain.Christine Lejoux

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