Alexander Vik se veut actionnaire actif de Vivendi

Qui est Alexander Vik, combien gère-t-il et que pêche-t-il", s'est interrogé le management de Vivendi en recevant les déclarations de franchissement de seuils statutaires et la demande d'entretien de ce mystérieux investisseur norvégien. L'homme d'affaires, résident monégasque, dont la société Sebastian Holdings est immatriculée aux îles Turques et Caïques, un paradis fiscal des Antilles britanniques, est devenu en moins d'un mois le premier actionnaire de Vivendi : avec son associé Amir Jahanchahi, il en détient 4 % des droits de vote. Cet investissement de 1,2 milliard d'euros représente "une somme importante" même pour cet homme gérant "un portefeuille de plusieurs milliards de dollars", reconnaît son entourage.Les milieux d'affaires parisiens ont découvert son existence il y a un an, lorsqu'il devint le deuxième actionnaire de Havas, derrière Vincent Bolloré, auquel Amir Jahanchahi s'allia à la surprise générale, le jour de l'assemblée (lire page 17). L'homme d'affaires iranien, qu'il a rencontré l'an dernier par l'entremise du banquier d'affaires belge Benoît Jamar, lui a suggéré d'investir dans Vivendi.Investir : "un sport". Âgé de 51 ans, ce père de quatre enfants, marié à une Américaine, a baptisé son fonds du nom de son fils Sebastian. Outre Havas et Vivendi, ce fonds investit dans les devises et une multitude de sociétés parapétrolières cotées aux États-Unis (Diamond Offshore Drilling, Global Santa Fe, Trans Ocean, Ensco) et en Norvège (Awilco, Thule, Sea Drill), "dans une optique à trois ans au moins". Il construit un chantier naval en Corée, une usine de volailles en Ukraine et a même coproduit un téléfilm, sur la vie de Jean-Paul II...L'homme réfute le terme de "raider" même si ce golfeur émérite et skieur de l'extrême compare l'investissement à "un sport ou un hobby" : ce qu'il préfère dans les affaires c'est "avoir une idée, créer de zéro, comme un artiste", selon un proche. Sa philosophie d'investissement est d'être "actif pour créer de la valeur mais pas un activiste en se battant contre le management comme Carl Icahn" : elle se résume en un proverbe espagnol "el ojo del amo engorda el ganado", littéralement "l'oeil du patron fait grossir la vache". Lui-même s'est d'abord enrichi dans l'immobilier, où son père avait fait fortune. Diplômé de Harvard en économie en 1978, Vik a fait ses armes dans la banque d'affaires, chez Lehman Brothers à New York. Il a monté puis vendu une société d'assurances avec son frère Gustav. Outre l'immobilier, il a aussi investi à Wall Street dans les logiciels et les "fonds-pays fermés" puis dans les start-up. En 2000, son holding Xcelera contrôle 75 % de Mirror Image, une société d'architecture Internet valorisée 11,5 milliards de dollars, avant de s'effondrer au moment du krach de la bulle. Ce qui lui vaudra plusieurs plaintes en class actions, infondées selon lui, et qui n'ont toujours pas abouti...Delphine Cuny

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