L'annonce de la fusion entre OMV et Verbund laisse sceptique

Un nouveau géant européen de l'énergie va voir le jour. Lundi, après la clôture des marchés, la compagnie pétrolière autrichienne OMV a confirmé "l'ouverture de négociations en vue d'une alliance" avec le premier électricien du pays, Verbund. Le nouveau groupe réalisera 18 milliards d'euros de chiffre d'affaires et pourrait peser plus de 30 milliards d'euros en Bourse. Selon les informations parues dans la presse autrichienne, le nouveau groupe pourrait s'appeler OMV, acronyme de Öl mit Verbund (Pétrole avec Verbund), et son conseil d'administration sera dominé par le pétrolier. Selon des sources de marchés, une offre en actions est le scénario le plus crédible. OMV a cependant promis "une petite prime" aux actionnaires de Verbund. Mais la valorisation de l'électricien, qui pèse 12 milliards d'euros en Bourse, était jugée élevée alors que l'action a doublé de valeur en un an.Les investisseurs, de leur côté, s'interrogent sur la justification d'une telle alliance. Raffineur et explorateur, OMV était devenu le leader d'Europe centrale après l'acquisition en 2004 du roumain Petrom. Sa stratégie affichée était de réaliser de nouvelles acquisitions en Europe orientale. Verbund, de son côté, développe des points d'appui en Allemagne, en Italie et en France, au travers de Poweo, dont il devrait détenir 25 % sous peu (lire "La Tribune" du 27 avril).La clé de la fusion réside en fait dans la volonté du gouvernement autrichien, qui détient 32 % d'OMV et 51,5 % de Verbund, d'assurer son approvisionnement énergétique. Très dépendante du gaz russe, l'Autriche a été traumatisée par la fermeture des vannes lors de la crise russo-ukrainienne. Or, OMV a un projet de gazoduc depuis l'Iran qui pourrait alimenter en 2011 les centrales de Verbund.Opération politique. Reste que le marché a accueilli cette opération - qui n'est pas sans rappeler celle de GDF avec Suez - avec scepticisme. Le manque de logique industrielle et de synergie est ainsi mis en avant. L'analyste de Bank Austria, Alfred Reisenberger, n'en voit guère que dans les équipes de direction... En revanche, l'alliance ne donnera à OMV ni réserves ni capacité de raffinage supplémentaires. Il n'apportera pas non plus de nouvelles capacités de production à Verbund. À l'inverse, cette fusion pourrait ralentir l'intégration de Petrom. Bref, le marché voit là davantage une opération politique, visant à former un "géant national" qu'un vrai projet industriel. Du coup, hier, les deux actions ont cédé du terrain : 2,35 % pour Verbund et 6,72 % pour OMV.Romaric God

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