ADP mise sur un vent porteur pour le secteur

Certains banquiers se disent surpris : "Vu la volatilité des marchés, le ministre de l'Économie et des Finances aurait pu attendre quelques jours de plus pour lancer l'opération. Il disposait encore d'un mois environ, jusqu'à la mi-juillet, pour la mise sur le marché d'Aéroports de Paris". Rien ne laissait toutefois augurer d'une meilleure tenue de la Bourse de Paris dans les prochains jours pour accueillir une opération de 1,4 milliard d'euros environ.Par ailleurs, en relevant son offre de 11 % sur le britannique BAA mardi dernier, le groupe de BTP espagnol Ferrovial a donné à l'État l'occasion de s'engouffrer dans la brèche. "La fourchette de prix retenue par l'État entre 3,6 et 4,1 milliards d'euros (entre 42 et 48,5 euros par action pour les institutionnels) n'est pas particulièrement bon marché", note un gérant. La décote par rapport à la médiane des estimations réalisées par les analystes financiers (soit 4,5 milliards d'euros avant augmentation de capital) ne ressort qu'à 9 % en haut de fourchette. "En outre, si l'on se base sur le milieu de fourchette, la valeur d'entreprise représente 10 fois l'excédent brut d'exploitation contre seulement 12,5 pour BAA aux prix de l'offre relevée par Ferrovial, à 900 pence par action", ajoute un analyste.Atouts. Il n'empêche, le groupe a des atouts uniques qui lui permettent de capter tous types de trafic. Il dispose notamment d'un monopole sur une zone de chalandise de 25 millions d'habitants, et ce, autour de Paris, la première destination touristique mondiale. Aujourd'hui, ADP séduit surtout par son profil défensif. Le contrat de régulation économique signé avec l'État en février autorise le groupe jusqu'en 2010 à appliquer une hausse de ses redevances aéroportuaires au maximum de 3,25 % en sus de l'inflation, et fixe un programme d'investissements de 2,7 milliards d'euros sur 5 ans. Or, ces redevances représentent entre 30 et 33 % du chiffre d'affaires et pourraient contribuer à hauteur de 40 % du résultat opérationnel.D'ici à 2010, son profil aura légèrement changé. Dans le cadre d'une compétition accrue entre les grands hubs européens, ADP va accélérer le développement de son espace commercial en le rendant plus attractif et plus diversifié. Dans cinq ans, la société devrait avoir rattrapé son retard avec des surfaces qui auront augmenté de 30 %, et une rentabilité sur capitaux employés comparable à celle de ses grands concurrents sur le secteur (BAA, Fraport). En perspective donc, des cash-flow libres en forte croissance qui devraient venir doper à moyen terme le cours de l'action.Laurence Boisseau

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