Tunisie,Égypte... À qui le tour ?

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Après la Tunisie, après l'Egypte, les autres pays du monde arabe, d'Afrique du Nord au Golfe, vont?ils connaître le même vent de fronde ? L'aveuglement de certains responsables sur la « révolution de jasmin » en Tunisie encourage à présent les prévisions les plus audacieuses. « L'onde de choc de la Tunisie et de l'Égypte, le plus grand pays du monde arabe risque fort de se propager à plus ou moins long terme », estime Mansouria Mokhefi, responsable du pôle Maghreb à l'Institut français des relations internationales (Ifri). Des centaines de milliers d'Égyptiens ont envahi mardi les rues du Caire pour exiger le départ du président Hosni Moubarak. Il devait annoncer mardi soir qu'il ne se représenterait pas à la prochaine élection présidentielle. Pour Didier Billion, chercheur à l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris), « le régime de Hosni Moubarak est condamné ». Avec des conséquences probablement majeures pour le reste du monde arabe. L'Égypte a toujours joué un rôle d'avant-garde, ses dirigeants, de Nasser à Sadate en passant par Moubarak ayant joué, au cours des cinquante dernières années un rôle moteur sur l'ensemble de la région. L'ampleur du mouvement continue de surprendre de nombreux observateurs. « Il y a huit jours, les manifestations au Caire rassemblaient tout juste 15.000 personnes dans une ville de plus de 17 millions d'habitants », rappelle Didier Billion.Régimes sclérosés« Les régimes du monde arabe sont globalement mal préparés pour faire face à de fortes mobilisations sociales dans la mesure où ils vivent depuis des décennies sur une forme d'apathie de ces populations », souligne Peter Harling, chercheur à l'International Crisis Group. Mais les chaînes de télévision comme Al Jazeera, les nouveaux réseaux sociaux (Facebook, Twitter...) ont joué un rôle crucial en démontrant que leurs régimes étaient sclérosés, alors que les Américains votaient pour leur président tous les quatre ans ou que la France était passé du septennat au quinquennat. Pour autant, tous les ingrédients à l'origine du retournement politique tunisien et peut-être égyptien ne se retrouvent pas vraiment ailleurs au Maghreb, au Moyen-Orient ou dans les États du Golfe. « Plus l'osmose entre le gouvernement et l'armée est forte, plus le risque de répression est redouté par les populations », souligne Thierry Apotheker, président du groupe de recherche TAC. Les pays riches en hydrocarbures ont les moyens d'acheter la paix sociale ».

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