« Il faut rééquilibrer le lobbying et l'expertise sur les questions financières »

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STRONG>Pascal Canfin, eurodéputé (Europe écologie) et initiateur du « Greenpeace de la finance » Le « Greenpeace de la finance » voulu par un groupe de députés européens de gauche et de droite, soutenu par une cinquantaine d'ONG et de syndicats, doit voir le jour ce jeudi 3 février. La charte des valeurs et des missions, l'organisation opérationnelle ainsi que le plan de financement de Finance Watch doivent être validés ce jeudi et son lancement opérationnel est prévu d'ici au mois de septembre. Ce contre-lobby, composé d'une douzaine de permanents, sera chargé de contrebalancer l'influence dominante de l'industrie bancaire à Bruxelles. Pour l'eurodéputé (Europe écologie) Pascal Canfin, initiateur du projet, l'idée est de développer une contre-expertise capable de rivaliser avec celle des lobbies financiers et de sortir les « discussions de l'ombre », à travers des actions de communication grand public. Pour autant, Finance Watch ne sera pas un lobby anticapitaliste. Pourquoi créer un « Greenpeace de la finance » ? Nous manquons d'un contre-pouvoir organisé pour sortir des deux impasses actuelles : d'un côté la collusion entre la finance et la politique et de l'autre, la réponse totalement émotionnelle et contre-productive, comme l'appel d'Eric Cantona à retirer son argent des banques. Il faut rééquilibrer le lobbying et l'expertise sur les questions financières. Aujourd'hui, on trouve au sein du comité d'experts de la Commission européenne 14 grandes banques d'investissement. Ce sont elles qui sont le plus consultées pour changer les règles alors même qu'elles sont en partie responsables des dérives... Cela ne peut pas marcher.Le message de Finance Watch sera-t-il « À bas les banques » ?Il ne s'agit pas de dire que tous les financiers sont des « salauds » et que l'on va les pendre haut et court ! Mais plutôt de dénoncer les choses inacceptables et de proposer des alternatives. Finance Watch sera composé d'experts, d'anciens banquiers, d'anciens traders qui veulent une finance différente, qui ne soit pas dévoyée au service d'intérêts court-termistes. Allez-vous tenter des coups d'éclat, comme Greenpeace ? On pourrait effectivement imaginer des actions de communication offensives devant des sièges de banque pour alerter l'opinion sur des décisions politiques ou l'absence de décision politique. Les gens ont le sentiment que la finance est un sujet très compliqué mais derrière, il y a beaucoup de décisions politiques et il faut demander des comptes aux responsables. Comment le travail sera-t-il organisé ? À travers trois piliers : la contre-expertise, le lobbying et la communication. Finance Watch mettra en place une bourse d'expertise à travers un animateur qui rassemblera tous les rapports indépendants traitant des sujets que nous souhaitons couvrir. Pour éviter que ces rapports finissent dans des tiroirs, une équipe de 7 à 8 lobbyistes couvrira en permanence l'ensemble des champs jusqu'à la prise de décision des politiques. Ensuite, une équipe de 2 à 3 personnes sera chargée de traduire cette expertise et ce lobbying auprès du grand public en événements et en images, en jouant sur l'émotionnel mais aussi sur le rationnel. Quel sera le budget et comment sera-t-il financé ? Il faudrait un budget de deux millions d'euros, dont un de la Commission. J'ai bon espoir que Michel Barnier apporte un financement à cette contre-expertise, comme il s'y est engagé à plusieurs reprises. Ensuite, les membres de Finance Watch soutiendront l'initiative par leurs cotisations.Quels seront vos premiers chantiers ?Pour la première opération, Finance Watch envisage de faire un suivi de la mise en oeuvre de la directive sur les bonus et d'exercer une forte pression médiatique sur les banques qui ne sont pas en adéquation avec le texte. Par exemple, François Pérol pourrait toucher en 2011 un variable équivalent à 200 % de son fixe alors que les principes du G20 exigent un « équilibre » entre le fixe et le variable. BPCE est une banque coopérative, 100% française, qui ne respecte même pas les engagements que la France a pris au G20 !

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