Concentration dans la production européenne de programmes audiovisuels

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Avec l'acquisition l'été dernier du producteur audiovisuel britannique RDF (« On a échangé nos mamans »...), Zodiak Media Group a changé de dimension. Revendiquant un chiffre d'affaires de 500 millions d'euros, 5.300 heures de programmes produits en 2009 et un catalogue de 10.000 heures en distribution dont les séries « Millenium », « Being Human », « Sous le Soleil », des jeux notamment « Fort Boyard », il est implanté dans 20 pays. Et se classe désormais au 3e rang en Europe derrière FremantleMedia, filiale de RTL Group, et Endemol , tous deux au coude-à-coude à 1,2 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2009. Fremantle ayant pris l'avantage au premier semestre 2010. La constitution du groupe Zodiak est récente. Elle a commencé en 2007, quand l'italien De Agostini, présent dans la chaîne espagnole Antena 3, a acquis la société italienne Magnolia, également basée en Espagne, puis le français Marathon. Il a poursuivi ses emplettes en 2008 avec Zodiak Television, d'origine suédoise, implanté aussi au Benelux, en Pologne, Russie, Inde et Amérique latine. Jusque-là, le groupe fonctionnait comme une fédération de producteurs assez indépendants. En France, c'est Pascal Breton, fondateur de Marathon qui dirigeait un ensemble de quatre sociétés, Marathon, ALP (« Fort Boyard »...), Marathon Média (programmes pour enfants dont « Totally Spies »), et KM, la société de Renaud Le Van Kim (« Le Grand Journal »).« Centres d'excellence »Avec RDF, le groupe a acquis des positions au Royaume-Uni et aux États-Unis. Et David Frank, fondateur de RDF, a été nommé en août 2010 patron de l'ensemble. Il passe désormais la moitié de son temps à Paris, siège du groupe, la France étant aussi le plus fort contributeur au profit (la marge globale serait de l'ordre de 15 %). Dès son arrivée, David Frank a fait passer les 45 sociétés du groupe, réparties dans 20 pays, sous le pavillon Zodiak Media Group - Marathon, Magnolia, RDF devenant des sous-marques de l'ensemble, détenu à 71 % par De Agostini, 20 % par le management, et 10 % par un fonds néerlandais. Son ambition est de multiplier le chiffre d'affaires par deux en trois ans, par acquisitions et croissance interne, en prenant pied dans des régions où le groupe est encore absent ou trop petit : Hong Kong, Australie, Nouvelle-Zélande, Amérique latine.Mais dans un premier temps, il cherche à tirer le meilleur parti de l'existant en s'appuyant sur des « centres d'excellence ». Ainsi, toute la distribution, Zodiak Rights, qui vend les programmes aux chaînes du monde entier et représente plus de la moitié du chiffre d'affaires, est regroupée en deux équipes à Londres et Paris. Pour les développements sur mobile et Internet, le groupe s'appuie sur une de ses sociétés à Milan, rebaptisée Zodiak Active. Une réorganisation qui a sacrifié des emplois. David Frank veut aussi mettre en commun les idées à travers des conférences « créatives » où chaque société vient présenter ses projets. Les équipes de programme jeunesse de Marathon collaborent ainsi avec une filiale anglaise sur un projet pour la BBC. Le nouveau programme « Famille d'explorateurs », développé en France par ALP pour TF1, pourrait lui aussi être adapté pour d'autres pays. Projets d'envergurePour David Frank, le temps où des producteurs locaux produisaient pour les chaînes de leur marché national est révolu. « Aujourd'hui, dès l'amont, nous devons penser un projet pour plusieurs chaînes dans plusieurs pays. » Et puis les diffuseurs ont moins d'argent et les coproductions et la distribution assurent la rentabilité d'un programme. Pour Pascal Breton, qui continue à se définir comme un artisan, la taille du groupe et ses multiples implantations donnent de la crédibilité pour monter des projets d'envergure, y compris avec des partenaires américains.

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