La BCE face à l'étau de l'inflation

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L'hydre inflationniste fait son retour en Europe. La faute aux matières premières, manifestement. Un baril à 100 dollars ne peut, en effet, laisser indifférentes les économies dépendant de cet or noir. Même si certains sages de la finance ont décrété que les conséquences d'une telle hausse sont facilement gérables. La seule publication de l'indice des prix à la consommation dans la zone euro, en progression de 2,4 % en glissement annuel en janvier, alors que le plafond toléré par la BCE se situe à 2 %, en dit long sur le dilemme qui attend Jean-Claude Trichet, le charismatique patron de la Banque centrale européenne. S'il ne fait aucun doute que l'arme des taux ne devrait pas être brandie, ce jeudi, à l'occasion de la réunion de la banque centrale, un resserrement monétaire semble inéluctable. La BCE n'a pas touché à ses taux depuis près de vingt mois. Et depuis, de l'eau a coulé sous les ponts. Certes, la croissance laisse encore à désirer. Les statistiques s'égrènent au fil des mois sans qu'une tendance franche et massive se dessine. Au grand dam des indices boursiers qui naviguent à vue. Mais on ne peut plus imaginer aujourd'hui demeurer à ces niveaux de taux. Jean-Claude Trichet s'y prépare. Reste à savoir quand il décidera de trancher. On connaît l'homme : il n'aime pas agir dans l'urgence ni surtout sous contrainte. Il ne va peut-être pas vouloir laisser trop longtemps la rumeur enfler. D'autant que les marchés commencent sérieusement à anticiper un geste de sa part à la fin de cette année. Raison de plus pour en décider autrement ? C'est bien connu : les banques centrales et les marchés ne font pas bon ménage. Ils n'en sont pas encore à se taper dessus mais ne se font plus aucune confidence sur l'oreiller depuis bien longtemps. pbessesboumard@latribune.f

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