Les Ateliers Perrault ont tiré profit du plan de relance

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Les métiers de tradition ont encore de beaux jours devant eux ! La preuve, les Ateliers Perrault Frères ne se sont jamais aussi bien portés depuis qu'ils ont débuté leur activité en 1760 à Saint-Laurent-de-la-Plaine, au sud d'Angers (Maine-et-Loire). De fait, les ventes du menuisier-charpentier et ferronnier d'art ont bondi de 20 % en 2009 portant le chiffre d'affaires à 19,6 millions d'euros contre 17 millions en 2008, avec 210 salariés.Certes, le petit groupe familial a bénéficié du plan de relance lancé par le gouvernement, l'an dernier, pour soutenir le secteur du bâtiment. Des chantiers en suspens ont ainsi été engagés, notamment celui des douanes de Cayenne (Guyanne) ou du château de Compiègne. Mais les Ateliers Perrault récoltent aussi les fruits d'une démarche engagée par le PDG actuel, François Perrault, huitième génération à diriger l'entreprise. L'une des forces de la société par rapport aux autres acteurs français du secteur tient à la complémentarité de ses métiers assurée depuis 1999 avec l'acquisition des deux entreprises de serrurerie et de ferronnerie d'art (Ateliers Férignac et Atelier de Forge situés à Hautefort, en Dordogne). « Cela nous permet de restaurer de A à Z ou de restituer à l'identique tout type d'ouvrages traditionnels en bois et en fer datant parfois du XIVe ou du XVe siècle », explique François Perrault. Du sur-mesureBoiseries, bibliothèques, escaliers, fenêtres de style, parquets, ponts-levis, beffrois, voûtes, verrières, garde-corps, l'étendue des réalisations des Ateliers Perrault est immense et s'adapte au cas par cas, tant aux monuments historiques qu'aux manoirs et autres hôtels particuliers. L'innovation est aussi au coeur du dispositif via un bureau d'études de cinq personnes permettant d'adapter « l'aspect historique des ouvrages aux besoins actuels qu'ils soient techniques, énergétiques, acoustiques, etc. ». Autant d'atouts qui ont permis d'équilibrer l'activité entre marchés privés et publics qui représentent 40 % des contrats contre 70 % à la fin des années 1990, mais aussi de donner une envergure internationale au groupe. De fait, les clients étrangers sont très friands du savoir-faire et de la technicité française en matière de restauration du patrimoine bâti. Outre les principaux voisins européens, les Ateliers Perrault sont présents en Russie, au Japon et aux États-Unis où ils comptent relancer la filiale qu'ils y ont créée en 2003, mais mise en sommeil par la crise de 2008. « Le potentiel reste très important », assure François Perrault. Même si le dirigeant ne souhaite pas développer l'export outre mesure, il est clair que « l'international représente un complément indispensable » pour garantir un volume d'activité suffisant. Car le carnet de commandes reste certes « convenable », mais il risque de pâtir de la fin du plan de relance. Aussi, pas question de s'endormir sur ses lauriers. Le chef d'entreprise songe déjà à ajouter un complément d'activité à son groupe dans le mobilier ou l'agencement. « Nous manquons de compétences dans ces domaines », reconnaît-il. Une probable opération de croissance externe devrait être réalisée dans les mois à venir.

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