L'abécédaire franco-allemand de la rigueur

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Dimanche et lundi, le gouvernement allemand se réunira en séminaire à la chancellerie pour élaborer un plan de rigueur budgétaire pour 2011, qui doit courir jusqu'à 2016. Côté français, le gouvernement a réussi à imposer la rigueur sans en prononcer le mot, sa dernière trouvaille étant celui de « rabot », cet outil de menuisier qui sert à « aplanir, polir, étaler » (Larousse).À Paris comme à Berlin, la chasse aux niches fiscales - un vivier de plusieurs dizaines de milliards d'euros dans les deux pays - est ouverte. Mais surtout, entre les deux capitales, l'heure n'est plus aux explications de texte. Comme si, avec la crise grecque et surtout les vacillements de l'euro, on avait pris conscience, dans le couple franco-allemand, de la nécessité d'arrondir les angles pour mieux vendre les mesures d'austérité.un troc « gagnant-gagnant »Non que les malentendus se soient dissipés. Mais à quelques jours de rendez-vous internationaux majeurs - la réunion des chefs d'État européens du 17 juin et le sommet du G20 à Toronto le 26 juin -, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, qui se retrouveront lundi soir à Berlin pour un dîner de travail, peuvent espérer mettre au point un troc « gagnant-gagnant ». Les Allemands, longtemps opposés au gouvernement économique de la zone euro, seraient en effet prêts à lâcher du lest en échange d'un peu de discipline budgétaire de la part de la France. Dans une interview à « La Tribune », Jean-François Copé, demande même un « G2 Paris-Berlin ». Paris n'a plus guère le choix : pour préserver son triple A, le gouvernement va devoir tout faire pour respecter les clous budgétaires qu'il s'est lui-même fixés, avec, en point de mire, le retour à un déficit de 3 % en 2013. Quant à la chancelière allemande, affaiblie, elle peut espérer, grâce à un plan de rigueur, retrouver les grâces de l'opinion.

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