Wolfgang Schaüble, le père de la rigueur

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Depuis jeudi, la rumeur enfle à propos d'une hausse probable de la contribution solidarité, cet impôt en faveur de l'Allemagne de l'Est. Quant à l'armée allemande, qui bénéficie pourtant d'un des plus petits budgets des pays de l'Otan, elle va devoir subir une cure d'amaigrissement : ses effectifs pourraient être réduits de 20 % à 40 % dans le cadre de mesures d'austérité.En Allemagne, chaque jour qui passe donne naissance à des nouvelles mesures de rigueur. À peine évoquées, certaines sont aussitôt abandonnées, sous la pression de lobbies puissants. Ainsi, l'idée d'instaurer un péage pour les véhicules particuliers n'a pas résisté au contre-feu de l' automobile club, l'Adac. Loin de renoncer, Berlin réfléchit déjà à l'élargissement du péage aux poids lourds à d'autres voies que les autoroutes, notamment celles à quatre voies. Quant aux niches fiscales allemandes, elles sont, comme en France, sur la sellette. À Berlin, le ministère des Finances a vite réalisé l'ampleur des économies à réaliser (17,5 milliards d'euros). Enfin, les promesses de baisses d'impôts, soutenues par les libéraux (FDP), ne sont plus qu'un lointain souvenir ; l'opinion publique allemande n'en veut pas, et la chancelière, Angela Merkel, a prévenu, début mai, qu'« il ne sera pas possible de [les] mettre en oeuvre dans un avenir prévisible ». « Hausses d'impôts »C'est dire si la rigueur s'est imposée outre-Rhin. « Toutes les dépenses devront être remises en question », a prévenu Wolfgang Schaüble. Le ministre des Finances, qui souhaite réduire de 10 milliards de dollars par an le déficit budgétaire, n'a pas hésité dimanche dernier à parler de « hausses d'impôts » sans affoler pour autant l'opinion publique. « Les Allemands savent que ça ne peut pas durer, commente Isabelle Bourgeois, rédactrice en chef de la revue ?Regards sur l'économie allemande?. Si les partis politiques discutent âprement de la méthode à suivre, il existe un consensus national sur l'urgence à réduire la dette. » Consensus d'autant plus fort que le rééquilibrage des finances publiques est désormais dicté par les nouvelles exigences constitutionnelles, depuis que le pays a fait entrer dans la Loi fondamentale l'obligation de ne plus dépasser la limite de 0,35 % du PIB pour son déficit à partir de 2016. Autant dire que la rigueur est devenu un mot sérieux en Allemagne, qui en a fini avec les cadeaux fiscaux. Éric Chol

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