Bataille de chiffres sur le nombre des chômeurs en fin de droits

Il leur faudra au moins une autre réunion pour aboutir à un diagnostic partagé sur la question des chômeurs en fin de droits. Vendredi, gouvernement et partenaires sociaux ont planché à Bercy pour confronter leurs chiffrages. Mais n'ont pas trouvé de terrain d'entente. En effet, alors que les organisations syndicales reprennent à leur compte l'évaluation de Pôle emploi évaluant à un million le nombre de chômeurs en fin de droits à la fin 2010, dont 400.000 se retrouveraient sans revenu de remplacement, le secrétariat d'Etat à l'Emploi a, lui, produit une note faisant état de... 145.000 chômeurs sans revenus à la fin de l'année.Les projections de Pole emploiDécryptage. Estimant que les projections de Pôle emploi ne prenaient pas en compte la mise en oeuvre du Revenu de solidarité active-complément de revenus, le ministère qui a commandé des chiffrages à la DARES et la Caisse nationale d'allocations familiales (Cnaf) ne retient pas au départ le chiffre de 400.000, mais celui de 360.000 chômeurs, après avoir soustrait les bénéficiaires de l'Allocation équivalent retraite, versée aux demandeurs d'emploi ayant tous leur trimestres mais n'ayant pas atteint l'âge de 60 ans. Droit au RSAEt il va plus loin. Sur ces 360.000 chômeurs potentiellement concernés au départ, il pointe 160.000 chômeurs de longue durée (+ de 12 mois d'indemnisation). Parmi eux, 25.000 sont des jeunes de moins de 25 ans, dont 15.000 sont indemnisées depuis plus de 24 mois, ce qui leur ouvre le droit au RSA. En otant ces 15.000 jeunes qui peuvent, selon lui, prétendre aux RSA aux 160.000 chômeurs de longue durée recensés, il obtient les fameux 145.000 chômeurs, sur lesquels il souhaite faire porter son action et celle des partenaires sociaux.Les syndicats contestent les chiffrages de BercyLes syndicats ne l'entendent pas de cette oreille. Et dénoncent une "approche financière de la question", explique un participant, qui souhaite que l'on traite en globalité "la question des chômeurs en fin de droits via une politique active de retour à l'emploi, ce qui était le but de la fusion entre l'ANPE et les Assedic".Très critique, un autre participant estime inacceptable de se "concentrer sur 145.000 personnes, alors qu'on partait au départ sur un million de personnes concernées à la fin 2010". Résultat : après trois heures de réunion, les participants ont décidé de demander des chiffrages supplémentaires. De nouvelles rencontres bilatérales auront lieu à partir de la semaine prochaine avant une réunion multilatérale, qui sera organisée le 22 mars. Soit après les élections régionales. Le sort des chômeurs en fin de droits n'est donc pas encore réglé. Car en l'absence de diagnostic partagé sur l'ampleur du problème, difficile de mettre en place des mesures en faveur de ces chômeurs.

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