C-Log commercialise l'expertise de Beaumanoir

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Pour comprendre la logique de l'histoire, il faut remonter quelques années en arrière. Au début des années 2000, le groupe textile Beaumanoir (qui regroupe actuellement les marques Cache-Cache, Patrice Bréal, Bonobo, Scottage et Morgan) vendait 2 millions de pièces d'habillement par an. En quelques années, ce chiffre est passé à 60 millions?! Pour faire face à cette croissance explosive, le groupe a dû remettre en question la viabilité et la pérennité de ses modes de travail, ses process, ses équipements, et de son organisation. Une remise en question qui a abouti, en 2002, à la création par Beaumanoir de C-Log pour accompagner la croissance de son enseigne Cache-Cache. Huit ans plus tard, cette filiale prestataire logistique spécialisée dans l'équipement de la personne affiche un portefeuille de sept clients, les cinq marques du groupe et deux clients externes?: le groupe Pronuptia et Eden Park.Évolution des métiersArrivé en 2001 dans le groupe Beaumanoir, François Papini, directeur logistique de C-Log, se souvient que la logistique était alors « centralisée, franco-française, avec des modes de préparation des commandes très traditionnels ». L'ouverture du groupe à l'international, en 2005, a imposé de moderniser les machines et le matériel, de recruter et de faire évoluer les métiers dans les entrepôts. « Ces changements étaient indispensables pour accompagner la croissance », reconnaît François Papini. D'autant plus que les magasins des différentes marques n'ont pas de réserve et qu'ils doivent être livrés tous les jours, les entrepôts servant de stocks dynamiques.« Nous avons une exigence absolue?: livrer en temps et en heure nos 2.300 points de vente en France et à l'international », le groupe Beaumanoir ayant des magasins aussi bien en Europe qu'en Chine ou dans les Émirats. De 5.000 m2 en 2001, la surface d'entreposage a augmenté et atteindra 75.000 m2 d'ici à fin 2010, toujours en Bretagne (à Saint-Malo et près de Rennes), berceau du groupe Beaumanoir. « Nous avons fait naître un vrai métier à l'intérieur du groupe en faisant entrer des gens pointus et en améliorant les compétences, estime François Papini. Le travail n'a pas fondamentalement changé par rapport à l'époque des bons de commande papier. C'est juste la façon de faire qui a été bouleversée. »Après l'ouverture à l'international, un autre challenge est apparu début 2008 avec les premières expériences de l'e-commerce. « On a commencé avec quelques commandes par jour les premières semaines jusqu'à arriver à 15.000 pièces dans la journée, le premier jour des soldes », raconte François Papini. Une montée en cadence fulgurante et réussie qui permet aujourd'hui à C-Log de se positionner comme « e-logisticien » pour des clients externes. « Là encore, l'accompagnement de la croissance s'est fait avec des modes de préparation plus évolués. Nous devons aller vite, sans avoir le droit à l'erreur. Ce n'est d'ailleurs certainement pas la dernière révolution que nous connaissons », anticipe François Papini.Car, en parallèle de cette augmentation des flux, d'autres problématiques apparaissent. Les approvisionnements viennent du monde entier et l'organisation des flux entre les entrepôts français et les points de vente présents dans une cinquantaine de pays doit être améliorée. « Aujourd'hui, un produit fabriqué en Italie passe par nos plates-formes françaises avant de repartir en Italie pour y être vendu. Même si nous cherchons à accélérer les flux au maximum pour un coût le moins important possible, nous avons encore des efforts à faire en termes d'émissions de carbone », reconnaît François Papini qui a mis en place une équipe dédiée à l'ingénierie des flux. « Après avoir considéré que le barycentre de notre entreprise était en Bretagne où se trouvent nos deux principaux entrepôts, un autre étant situé à Cambrai et un dernier à Compiègne, il est peut-être temps de le décentraliser pour être plus réactifs, moins chers et moins polluants. » Une stratégie d'ouverture qui permettrait aussi à C-Log d'accompagner son développement hors du groupe Beaumanoir. Avec déjà deux clients externes dans le commerce de détail, le portefeuille clients devrait s'étoffer de deux références d'e-business. Une nouvelle étape pour François Papini dont l'objectif est d'atteindre les 10 % de parts de marché en trois ans.Béatrice Delamotte

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