Ce nouveau coup de semonce ne trouble pas les marchés financiers

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Même pas peur ! Voilà, en substance, la réponse qu'ont adressée mardi les marchés aux menaces de dégradation de Standard & Poor's sur 15 pays de la zone euro ainsi que sur le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Les Bourses européennes ont très largement limité leur repli dans un climat pourtant propice aux prises de bénéfices, après le net rebond des indices ces derniers jours. Le CAC 40 n'a reculé que de 0,68 %, le Footsie MIB de Milan a cédé 0,49 % tandis que l'Ibex 35 clôturait même la journée dans le vert (+ 0,08 %). Seul le DAX 30 allemand a été un peu plus attaqué (? 1,27 %).Agenda chargéLa réaction des investisseurs a été tout aussi molle sur les marchés obligataires. Le taux des obligations françaises à 10 ans, les fameuses obligations assimilables au Trésor (OAT), ne s'est que très légèrement tendu, de 3,13 % à 3,23 %. Le bund allemand est, lui, resté quasi stable (de 2,20 % à 2,18 %), tandis que la détente se poursuivait sur les taux longs italiens dont les rendements à 10 ans sont tombés à 5,86 %. De son côté, l'euro s'est légèrement affaibli, repassant sous le seuil de 1,34 dollar. « La réaction modérée des marchés montre que les investisseurs ont déjà largement intégré les risques de dégradation des notes souveraines en zone euro », explique Jérôme Vinerier, analyste marché chez IG Markets. Même la perspective d'un abaissement de deux crans de la note française n'a pas fait trembler dans les salles de marché. « La menace de S&P porte sur une dégradation générale et non sur un pays en particulier. Ainsi, la nouvelle n'a pas été considérée comme une dégradation de la France, ce qui aurait pu, dans ce contexte, augmenter les tensions », décrypte Éric Venet, responsable de la gestion collective de Montbleu Finance. Et d'ajouter : « Formulé de cette façon, l'avertissement de S&P n'ajoute rien à la lecture de la crise en zone euro. En revanche, il fait monter la pression avant le sommet européen de vendredi. » Un sommet qui devra confirmer, ou non, les espoirs de résolution de crise qui perdurent malgré les mauvaises nouvelles. « On a beaucoup dramatisé sur un risque d'éclatement de la zone euro mais les autorités politiques et monétaires ont démontré ces derniers temps leur détermination à restaurer la confiance», juge Jérôme Vinerier. L'agenda de la fin de semaine s'annonce décidément chargé, puisque les opérateurs de marché attendent également, jeudi, une éventuelle nouvelle baisse des taux de la Banque centrale européenne (BCE). Blandine Hénault

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