Les SSII chinoises affichent à leur tour de grandes ambitions

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Ne pas nommer ce qui fait peur. Tel est le syndrome qui semble toucher les sociétés de services en ingénierie informatique (SSII) indiennes. Qu'il s'agisse de Vineet Nayar, président de Tata Consultancy Services, la plus importante SSSI indienne, ou de T.K. Kurien, directeur général de Wipro, numéro trois du secteur en Inde, il est impossible de leur extorquer le nom d'un concurrent chinois. « Ce sont de petits groupes, encore très morcelés et peu connus », s'entend-on répondre invariablement. Et pourtant, les SSII chinoises - à commencer par VanceInfo, HiSoft et Camelot Information Systems - commencent à représenter une menace pour leurs rivales indiennes. Parce qu'elles détiennent l'arme qui a fait le succès de ces dernières, à savoir des prix imbattables, grâce à des coûts salariaux très faibles. Selon le courtier Susquehanna International, un analyste-programmeur chinois est payé 15 dollars de l'heure, contre 40 dollars pour un Indien. Au cours des dernières années, l'Inde a connu une inflation sensible de la rémunération de ses informaticiens, notamment en raison de la venue de grands groupes informatiques américains comme IBM et Accenture.T.K. Kurien lui-même admet que, d'ici trois à cinq ans, les SSII chinoises seront des concurrentes sérieuses. Pour le moment, le secteur chinois des services informatiques en est à sa genèse. Mais il croît très rapidement, nombre d'entreprises chinoises, notamment dans l'industrie, souhaitant moderniser leur informatique. Introductions en BourseSelon le rapport 2010 du ministère de l'Industrie et des Technologies de l'information, le marché chinois des services informatiques a grimpé de 30 % par an, au cours des trois dernières années. Une progression trois fois supérieure à celle, déjà robuste, du produit intérieur brut chinois. À 8 milliards de dollars environ, le marché chinois des services informatiques est déjà supérieur aux quelque 6 milliards du marché indien.Résultat, VanceInfo, par exemple, a vu son chiffre d'affaires bondir de 43 % l'an dernier, à 211 millions de dollars, pour une confortable marge opérationnelle de 15 %. Et déjà, VanceInfo, HiSoft et Camelot ne veulent pas se satisfaire du seul marché chinois. Pour mieux séduire leurs futurs clients occidentaux, toutes trois se sont introduites à la Bourse de New York. Où elles pèsent entre 600 millions et 1,5 milliard de dollars. Preuve que les investisseurs les prennent très au sérieux. Christine Lejoux

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