Non, l'industrie britannique n'est pas morte

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« La production industrielle britannique reste beaucoup plus importante que ce qu'on croit. » Ce n'est pas un lobbyste anglais qui l'affirme, mais Jacques Gounon, PDG d'Eurotunnel, observateur avisé s'il en est de ce qui circule entre l'Angleterre et le Vieux Continent.Ses navettes transportent vers la Grande-Bretagne les produits frais venus du continent pour les géants de la distribution comme Tesco. Mais, dans l'autre sens, elles sont loin d'être vides.Des rails et des After EightOutre les trains entiers de whiskys, les Britanniques exportent vers le continent des milliers de tonnes de rails fabriqués par leur sidérurgiste Corus (l'ex- British Steel), ou bien les fameux After Eight, dont une cargaison entière avait fondu lors de l'incendie du Tunnel, en septembre 2008.La Grande-Bretagne, c'est un fait, a cédé des pans entiers de son industrie. Mais cette dernière représente encore (énergie comprise) 17,3 % du PIB, contre 14,5 % en France.Les constructeurs automobiles britanniques, on le sait, sont tous passés sous pavillon étranger, à l'image de Jaguar et de Land Rover, repris en 2008 par l'indien Tata Motors. Mais il reste une production automobile dans le pays. Si Peugeot a fermé en 2007 son site de Ryton, Tata, lui, a gardé le site Land Rover de Solihull, dans le centre de l'Angleterre, qui emploie 5.000 salariés. Il vient d'annoncer qu'il allait y créer 275 emplois supplémentaires. Nissan emploie 2.250 salariés dans son usine de Sunderland où sera assemblé un véhicule électrique à partir de 2013. Et General Motors a finalement peu touché aux deux usines de sa filiale britannique Vauxhall.Pétrole et médicamentsOutre l'automobile, la Grande-Bretagne a vu sombrer ses industries textiles et minières autrefois puissantes. Mais la France et les pays occidentaux en général ont suivi le même chemin. D'autres secteurs en revanche sont restés florissants outre-Manche. L'énergie, tout d'abord, avec les géants pétroliers BP et Shell, tous deux plus gros que le français Total. L'électricité a été vendue, notamment à EDF, mais il reste un gazier puissant avec Centrica. La pharmacie compte encore deux groupes d'envergure mondiale, GlaxoSmithKline et AstraZeneca ainsi qu'une kryrielle de PME, dans les biotechs notamment.Whisky, bonbons et cigarettesL'industrie agroalimentaire britannique n'a pas disparu non plus. Loin de là. Whisky et Guinness obligent, le leader mondial des spiritueux, Diageo, est britannique. Cadbury, en revanche, ne l'est plus. Le confiseur, qui emploie 45.000 personnes dans le monde, a été racheté en début d'année par l'américain Kraft. Au grand désespoir des Anglais, Kraft a promis de ne pas toucher aux usines britanniques, mais personne ne le croit vraiment.Outre les alcools et les bonbons, les Britanniques sont aussi des champions du tabac, avec British American Tobacco (14 milliards de livres de chiffre d'affaires ) et surtout Imperial Tobacco (26 milliards), qui s'est offert le français Altadis en janvier 2008.Lessives et détergentsDans l'agroalimentaire toujours, la Bourse de Londres accueille un autre géant, Unilever, né en 1930 de la fusion de la compagnie hollandaise Margarine Unie avec le producteur anglais de savon Lever Brothers. Le groupe est connu pour son thé Lipton, ses glaces Magnum ou sa moutarde Amora. Unilever est aussi un grand de la lessive (Omo, Skip) et des produits d'entretien (Cif, Sun...). Un domaine dans lequel il rivalise avec un autre grand britannique, Reckitt Benckiser (Calgon, Finish, Harpic, O'Cedar...). Armes, canettes et aspirateursLa Grande-Bretagne a gardé aussi de belles entreprises dans le travail des métaux et les industries manufacturières. BAE Systems ne vient-il pas de remporter le titre de premier marchand d'armes de la planète, devant Boeing ? Toujours dans l'aéronautique et la défense, Babcock vient de fusionner avec son compatriote VT Group pour former un ensemble qui pourrait bientôt entrer dans l'indice FTSE 100 des principales capitalisations de la Bourse de Londres.Dans l'emballage, Rexam, avec 24.000 salariés et près de 5 milliards de livres de chiffre d'affaires, est le leader mondial de la boîte-boisson. Difficile enfin de passer à côté des publicités de James Dyson et de ses désormais célèbres aspirateurs sans sacs. Son entreprise, créée au début des années 1990, pèse désormais plus de 700 millions de livres de chiffre d'affaires. Preuve que l'industrie britannique sait aussi se renouveler.

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