« L'instabilité politique en Thaïlande est un frein à la croissance »

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Sophie Boisseau du Rocher, chercheur à l' Asia Centre (Sciences Po)L'instauration de l'état d'urgence en Thaïlande marque-t-il le retour de l'instabilité politique ? Après presque quatre semaines de manifestations des Chemises rouges, c'est plutôt l'impact économique de ces protestations qui risque de contribuer à la dégradation de la situation. On assiste déjà à Bangkok à des contre-manifestations qui ont pour objectif de rassurer les partenaires étrangers et de ne pas laisser les seules « Chemises Rouges » s'exprimer. Jusqu'alors, le premier ministre Abhisit Vejjajiva avait réussi à maintenir la confiance. Et effectivement, en 2009, la Thaïlande avait affiché des performances économiques correctes. Optimiste, la Banque mondiale table sur 5 % de croissance cette année. Mais le pouvoir est sous pression : il a besoin de bonnes performance économiques pour gagner les prochaines élections. Désormais, tout l'enjeu pour les autorités thaïlandaises consiste à gérer rapidement cette crise, pour rassurer les Thaïlandais comme les partenaires étrangers. C'est pourquoi le premier ministre à pris la décision de décréter l'état d'urgence. Que craint le gouvernement Thailandais ? Que l'ancien premier ministre Thaksin, Thaksin, chassé en 2006 par un coup d'Etat, et qui, sur un plan juridique, n'a pas le droit de revenir en Thaïlande, profite de la situation pour se présenter comme le sauveur du pays. Thaksin sape tous les efforts de retour à la normalité parce que c'est le désordre qui lui est personnellement favorable. Actuellement conseiller du premier ministre du Cambodge, il reste, en dépit de ses pratiques abusives du pouvoir, populaire auprès de l'électorat rural. Ce contexte plutôt instable contribue à la précarité politique et constitue, in extenso, un frein à la croissance. Propos recueillis par Eric Chol(*) Auteur de « L'Asie du Sud-Est prise au piège », chez Perrin.

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