Fortes tensions au sein de la coalition d'Angela Merkel

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Longtemps, Angela Merkel a bâti son succès sur sa capacité à contenter chacun et à ne froisser personne. Mais la formule magique s'est émoussée. Désormais, la chancelière doit compter avec les mécontentements, y compris dans son propre parti, la CDU. Le plan de rigueur très politique de 81 milliards d'euros annoncé lundi a ainsi été l'occasion d'une fronde de plusieurs barons du parti. Dès mardi, le ministre président de la Sarre, Peter Müller avait critiqué l'absence dans ce plan de hausses d'impôts pour les revenus les plus élevés. Une exigence reprise ce mercredi par le président du Bundestag, Norbert Lammert et, plus étonnant encore, par le chef du conseil économique de la CDU, réputé proche des milieux d'affaires, Kurt Lauk, qui a jugé le programme « déséquilibré » dans les efforts demandés. Ceci est fort gênant pour la chancelière. L'absence de hausses d'impôts dans le programme d'austérité avait en effet pour but d'acheter la paix avec les Libéraux du FDP. Or, la mauvaise humeur d'une partie de la CDU, commence à agacer ces derniers qui sont déjà en froid avec la CSU en raison de la réforme de la santé. Le chef libéral du Land de Hesse, Jörg-Uwe Hahn a exigé que « cessent ces discours sur les hausses d'impôts ». Sinon, prévient-il, le FDP pourrait bien ne pas soutenir le candidat conservateur à la présidence fédérale, Christian Wulff. Or, la candidature de ce dernier, également fruit d'une solution de consensus d'Angela Merkel, est loin de faire l'unanimité. Beaucoup au sein de la coalition lui préfèrent son concurrent de centre-gauche, Joachim Gauck, un dissident de l'ex-RDA. Au point que l'on évoque l'absence de majorité absolue pour le candidat conservateur, ce qui serait une grave déconvenue de plus pour la chancelière. Coalition « feu tricolore » Parallèlement, les négociations pour une coalition « feu tricolore » entre SPD, Verts et Libéraux en Rhénanie du Nord Westphalie semblent avancer. Une combinaison qui aurait pour conséquence l'isolement de la CDU. Tout se passe comme si Angela Merkel ne maîtrisait plus une coalition devenue explosive et qui ne recueille plus dans les sondages que 37 % des intentions de vote, contre 44 % pour l'alliance Verts-SPD. Il est d'autant plus difficile pour l'ancienne physicienne est-allemande de trouver un nouveau souffle que sa position internationale n'est pas plus enviable. Preuve en est le désaccord affiché lors de la visite à Berlin du secrétaire d'État américain au Trésor Timothy Geithner. Ou encore les soupçons de mésententes avec Paris que la lettre à José Manuel Barroso rédigée avec Nicolas Sarkozy (lire page 35), n'a pas su effacer.Romaric Godin, à Francfort

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