Jean-Baptiste Jacquin

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Voilà un conseil d'administration qui a du courage et sait se montrer réactif. Les administrateurs de Nokia, le géant finlandais du téléphone mobile, ont choisi de changer le PDG. Une remise en cause sans doute difficile alors qu'ils avaient eux-mêmes choisi il y a quatre ans celui qu'ils remercient aujourd'hui sèchement, Olli-Pekka Kallasvuo. Oh bien sûr, la pression extérieure devenait irrésistible. Un cauchemar qui a pour nom iPhone. Depuis le lancement du mobile tactile d'Apple à l'été 2007, le cours de Bourse de Nokia a été divisé par deux. Ses actionnaires s'impatientent de voir le groupe sortir un modèle capable de rivaliser avec le joujou qui a démocratisé l'usage de l'Internet mobile. D'un autre côté, les administrateurs auraient pu se satisfaire d'une machine qui continue de faire ses preuves avec brio. Malgré tous les concurrents à ses trousses, Nokia reste, et de très loin, le numéro mondial du téléphone mobile. Plus du tiers du marché mondial à lui tout seul quand son premier poursuivant, Samsung, vient tout juste de franchir les 20 %, et les suivants sont sous la barre des 10 %. Sa maîtrise de l'outil industriel lui permet d'être compétitif sur tous les marchés du monde, même en Chine où Nokia est numéro un. À la fois champion et challenger, il doit se déplacer sur un nouveau champ de bataille, celui des systèmes d'exploitation et de l'environnement de logiciels et de services. C'est pour cela que le nouveau PDG, Stephen Elop, vient du monde du logiciel (Microsoft). Sa lettre de mission ne se limite pas à la quête d'un modèle « iPhone-killer ». Nokia n'est déjà plus un fabricant de mobile. jbjacquin@latribune.f

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