Inquiétudes des députés sur le budget de la Défense

 |   |  403  mots
Guy Tessier, président de la commission de la Défense de l'Assemblée nationale, est inquiet : « Les parlementaires sont très préoccupés par les prochains budgets de la Défense. » Précisément sur la capacité du ministère de la Défense à engranger d'éventuelles recettes exceptionnelles avec la vente des fréquences hertziennes et de propriétés immobilières, notamment à Paris, censées réduire la « douloureuse » du budget de l'Hôtel de Brienne. « Nous nous préparons à plusieurs années sombres », regrette Guy Tessier, qui accueille lundi et mardi sur ses terres sudistes à Marseille l'Université d'été de la Défense et le ministre Hervé Morin.Car sur la période 2011-2013 (trois ans), dans le cadre de la politique de réduction des dépenses publiques, l'armée française devra économiser 3,5 milliards d'euros par rapport aux 95 milliards (hors pensions) prévus pour cette période dans la loi de programmation militaire. Ces coupes budgétaires pourraient toutefois être partiellement compensées par 2 milliards d'euros de recettes exceptionnelles. Le solde négatif s'élèverait in fine à 1,5 milliard d'euros contre 5 milliards si la Défense s'était vu appliquer à la lettre le gel des dépenses de l'Etat décrété par Matignon.pertes de compétencesPour l'heure, Guy Tessier craint des « aléas », qui pourraient une nouvelle fois affecter le calendrier de ventes immobilières, déjà retardé dans le passé. En dépit de ces inquiétudes, il voit dans la remontée des prix de l'immobilier à Paris un espoir. Tout comme, explique-t-il à « La Tribune », « on m'assure que la vente des fréquences est en bonne voie ». Au-delà du budget propre, Guy Tessier, qui lorgne sur le ministère de la Défense, s'interroge sur d'éventuelles futures pertes de compétences et de savoir-faire industriels et, surtout, dans le domaine opérationnel, de capacités d'intervention militaires sur des théâtres extérieurs. « Il faut que la France reste une nation cadre dans ce domaine, il en va de notre souveraineté et de notre place dans le concert des nations », assure-t-il. Si cela n'était plus le cas, il faudrait « réviser le livre blanc de la Défense » et... « rabaisser nos ambitions ». De toute façon, explique-t-il, retarder des programmes « n'est pas non plus une bonne affaire pour l'Etat, qui devra payer des indemnités de retard aux industriels ». Michel Cabirol

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :