La voix d'Orange en Jordanie

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habituée à travailler sur le secteur des « grands comptes » en France, Sophie Berger-Gérard a désormais des interlocuteurs dans 23 pays. Arrivée en Jordanie à l'été 2008 pour diriger le technocentre Orange à Amman, en qualité de responsable des pays émergents à la direction marketing corporate, elle se coule dans un poste créé pour une mission précise : importer et adapter la politique marketing du groupe dans les pays émergents et les assister. Car, derrière les produits différents, il y a une marque unique, Orange. Comme l'explique la dirigeante, « le but est de capitaliser afin de gagner en temps, en qualité et en homogénéité concernant les innovations. Si chaque pays fait son propre marketing tout seul, cela ne permet pas l'effet de marque. Avoir une offre de groupe sur plusieurs pays, sous le même nom, avec les mêmes politiques de lancement, d'achats, voire de prix, est très efficace ».La vie à Amman est très agréable, avec de grandes maisons, une école française à proximité, un entourage francophone très accueillant, dans un pays magnifique. Son époux, qui a suspendu son contrat de travail en France pour la suivre, s'occupe de la gestion de l'école et d'une ONG (organisation non gouvernementale) parrainée par une princesse royale. Mais, au-delà de cet environnement attrayant, la découverte de l'environnement professionnel a été un choc. Comme l'explique Sophie Berger-Gérard, « les neuf premiers mois ont été les plus fatigants de ma vie. J'ai dû revoir de A à Z mes méthodes de management et c'est épuisant. Les Jordaniens ne réagissent pas du tout aux mêmes codes qu'en France. Par exemple, dans le cadre de l'évaluation d'un salarié, il est très difficile d'être direct et d'émettre des critiques. Les gens sont hypersusceptibles et mettent l'honneur et les apparences avant tout. Les relations fonctionnent sur les rapports de force. Ils ne sont pas habitués à un management participatif. Ils peuvent être assez agressifs lorsqu'il s'agit de sujets comme les augmentations, puis être charmants juste le jour d'après. »Pourtant, elle n'a regretté à aucun instant d'avoir pris ce poste et estime qu'il est tout simplement passionnant. Elle précise juste qu'il faut « une forte capacité d'adaptation et beaucoup de patience et d'humilité. Une fois que l'on a compris comment les choses fonctionnent, on peut lâcher prise ». Et si elle s'est faite au management local, les relations avec la hiérarchie à Paris ne sont pas toujours simples. D'abord parce que l'expatrié craint souvent le syndrome « Loin des yeux, loin du c?ur ». Comme le souligne Sophie Berger-Gérard, « de Paris, les difficultés locales et quotidiennes ne sont pas toujours bien comprises et c'est normal ». Mais le plus dur est finalement le regard des Parisiens : « Il faut lutter contre l'image idyllique de l'expat qui apparaît comme tellement enviable depuis Paris, en tout cas beaucoup plus que la réalité. » nnos chroniques carrièresLundi : portrait. Un « haut potentiel » passé au crible.Mardi : état-major. Les dirigeants clés d'une société.Mercredi : mieux dans mon job. Mieux être et mieux vivre au travail.Jeudi : l'expatrié. L'aventure des cadres hors de France.Vendredi : paroles de dirigeantes. Témoignage d'une femme au pouvoir.Sophie Berger-Gérard, responsable des pays émergents au « marketing corporate ».

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