Gérard Mestrallet : « Il faut étudier de près la compétitivité du nucléaire »

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Le PDG de GDF Suez, Gérard Mestrallet, a signé mercredi les accords définitifs de fusion avec International Power (IP). Il fait le point sur les conséquences de ce mariage pour son groupe, et revient sur ses projets dans le nucléaire après l'abandon de sa participation dans le futur 2e EPR français, à Penly. Comment la fusion avec International Power va-t-elle modifier le profil de GDF Suez ?Nos activités internationales vont doubler, nous permettant d'atteindre, dès 2011, notre objectif de 100.000 MW de capacité de production fixé pour 2013. Cette opération consacre le leadership du groupe à l'international et dans les pays émergents. Notre présence est multipliée par deux aux États-Unis et au Moyen-Orient. En Asie-Pacifique, nous triplons notre taille. Et surtout, cette opération nous permet de prendre pied dans des pays où nous n'étions pas actifs, comme en Indonésie. En Australie, nous étions présents depuis longtemps dans les activités eau et propreté. Nous y développons un projet ambitieux d'usine flottante de liquéfaction de gaz, un type d'installation qui n'existe pas encore dans le monde. L'Australie sera sans doute l'une des principales sources de gaz naturel du XXIe au coeur d'une zone qui affiche les plus forts taux de croissance de consommation d'énergie. Grâce à IP, nous disposerons aussi d'un parc électrique sur place.Allez-vous en profiter pour être offensif dans le nucléaire en Asie où de nombreux pays étudient cette option ?Ce n'est pas notre priorité. La rentabilité des investissements dans le nucléaire, qui sont très lourds et à très long terme, dépend du type de régulation. Il est nécessaire d'avoir une parfaite visibilité sur l'évolution du prix de l'électricité. Ce n'est pas encore le cas dans chacun de ces pays. Si le Brésil transpose au nucléaire son système de fixation des prix en vigueur pour les barrages géants, cela nous intéressera. Il faut, sur chaque marché, dans chaque pays, étudier de près la compétitivité du nucléaire par rapport aux autres sources d'énergie. Et se garder d'être mono-technologie. L'abandon de votre participation à l'EPR de Penly est-elle synonyme d'une révision à la baisse de vos ambitions dans le nucléaire ?Pas du tout. Notre stratégie dans ce domaine reste inchangée. D'abord, je rappelle que nous restons candidats pour construire en France un réacteur de moyenne taille (Atmea) dans la vallée du Rhône. Ensuite, nous maintenons notre objectif de conserver, d'ici à 2030, notre niveau actuel de 15 % de notre électricité fournie par du nucléaire. Ce qui signifie une croissance du parc puisque, avec IP, ce chiffre va tomber à 11 %. Et surtout notre production globale va croître significativement puisque nous allons investir 11 milliards d'euros par an. Il est donc difficile de fixer un objectif de capacité. Plus nous partagerons le financement des projets que nous piloterons, plus nous pourrons en conduire dans le respect de notre discipline financière.

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