Le blocage des ports et des raffineries pénalise l'industrie

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La tension monte dans la pétrochimie. Au lendemain de la quatrième journée de grève contre la réforme des retraites, huit des douze raffineries hexagonales - dont les six de Total - étaient en cours d'arrêt ce mercredi, laissant planer la menace d'une pénurie de carburant. En parallèle, une grève de 24 heures a été votée dans les deux terminaux méthaniers de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) et dans celui de Montoir (Loire-Atlantique), contrôlés par GDF-Suez.Mais les plus inquiets semblent être les chimistes, handicapés par le blocage du port de Marseille qui dure depuis le 27 septembre. « Nous sommes à la fois préoccupés et très en colère », s'est ému hier le directeur général de l'Union des industries chimiques (UIC), Jean Pelin. Initialement dû au désaccord de la CGT sur la réforme portuaire, le mouvement « surfe sur le mécontentement général », estime-t-il. Il a déjà coûté 550 millions d'euros aux chimistes, soit l'équivalent du travail de 1.150 personnes durant un an, selon l'UIC. « Le port approvisionne les régions Rhône-Alpes et Paca, qui représentent plus d'un tiers de l'activité chimique en France. Y transitent aussi 10 % des exportations », indique Jean Pelin. Certaines usines tournent déjà au ralenti, comme celle de Naphtachimie à Lavera (Bouches-du-Rhône), qui fonctionne à 50 %. Même inquiétude chez Solvay : la plus grosse usine européenne du chimiste belge, qui emploie 2.000 personnes à Tavaux (Jura), produit de l'éthylène pour les PVC et les plastiques à partir du pétrole qui arrive à Marseille. « Si la situation ne s'améliore pas, il nous faudra arrêter les lignes d'éthylène, qui représentent la moitié de la production de Tavaux », explique le directeur de Solvay France, Guillaume Bucco. Chez Arkema, les usines de chlorochimie de Fos et Lavera sont touchées. Mercredi, les négociations se poursuivaient dans le port, sans avancée notable. Ces perturbations inquiètent d'autant plus les industriels que « la chimie française est encore en convalescence », selon l'UIC. Après un recul de 10 % en volume en 2009, le rebond de la production a atteint 12 % à fin août. Mais pour 2011, l'UIC anticipe une hausse « de 2 à 5 % » seulement. « Le blocage risque de peser sur les investissements », avertit Jean Pelin. AUDREY TONNELIER

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