Aixam Méga veut accélérer sur le marché américain

 |   |  539  mots
Pour la première fois depuis dix ans, le chiffre d'affaires d'Aixam Méga s'est affiché en recul pour la deuxième année d'affilée, à 110 millions d'euros pour l'exercice 2009-2010 clos au 31 mars (? 18 %). La marque de voitures sans permis a dû ralentir sa production en 2009. La faute à la crise qui n'a pas épargné l'entreprise, ou plutôt sa clientèle. Selon Philippe Colançon, président d'Aixam Méga (220 salariés), « la restriction des crédits bancaires aux consommateurs a clairement contecarré bon nombre d'intentions d'achat » l'année dernière.Avec 12.000 voitures en 2009 sorties des usines d'Aix-les-Bains (Savoie) et de Chanas (Isère), au sud de Lyon, l'entreprise est loin du record de 2007 (15.500 véhicules). Mais le dirigeant d'Aixam Méga reste confiant dans l'engouement du grand public pour ces petites voitures qui n'ont plus rien à voir avec les « quadricycles » des débuts, des engins à deux temps confinés dans des habitacles étrangement biseautés. La société créée en 1983, où travaillait déjà le jeune ingénieur Colançon, a aujourd'hui un service R&D d'une dizaine de personnes. Elle monte des carrosseries design thermoformées sur des châssis en aluminium, et équipe ses voitures de moteurs Diesel japonais (des bicylindres Kubota) et à essence italiens (Lombardini). Elle dispose aussi d'un réseau de commercialisation étoffé tant en France (130 distributeurs dédiés et 900 agents) qu'en Europe, où elle exporte 50 % de sa production.Nouveaux produitsPour 2010, Aixam Méga annonce le maintien du volume de production au niveau de 2009 et prépare la sortie de crise. La PME va investir quelque 8 millions d'euros pour adapter ses lignes de montage et renouveler sa gamme. Continuant ainsi une stratégie qui lui a réussi : entre 2000 et 2007, la société a augmenté sa production de 50 % et s'est imposée comme le leader européen, devant l'Italie, avec 40 % de parts de marché. « Nous avons lancé des nouveaux produits adaptés à notre clientèle qui a rajeuni et s'est fortement urbanisée », explique Philippe Colançon. En quinze ans, Aixam a vu la proportion de conducteurs retraités diminuer au profit des actifs et des étudiants (65 % de la clientèle aujourd'hui). Pour financer ses ambitions, l'entreprise a bénéficié de l'entrée dans son capital de Norbert Dentressangle en 2003 et surtout d'Axa Private Equity (2006), majoritaire, aux côtés du management.Par ailleurs, la PME veut accélérer son implantation sur le marché américain, où elle est présente depuis deux ans en partenariat avec Columbia Car Company, un fabricant de « golf cars », pour la distribution et le montage des véhicules. Aixam y commercialise une gamme de véhicules utilitaires légers (électrique et Diesel) sous la marque Méga. Quatre cents voitures électriques ont été vendues en 2009, et la PME espère en vendre 600 en 2010 sur un marché électrique plus mature. En France, Aixam va travailler sur le renforcement de sa gamme électrique, notamment à l'intégration des batteries liées à l'épineux problème poids-autonomie. Parallèlement, le patron d'Aixam tient à évacuer une idée reçue : les véhicules Aixam n'ont pas profité du permis à points et des contrôles routiers renforcés puisque seuls 3,4 % des utilisateurs ont été victimes d'un retrait de permis.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :