Ce que le départ de Vodafone changerait dans la vie de SFR

La question n'est plus de savoir si Vivendi va racheter la participation de Vodafone dans SFR mais bien quand le groupe de communication va passer à l'action. Car les analystes sont unanimes : Vivendi a tout intérêt à devenir l'unique actionnaire de sa filiale de télécoms. « Le rachat des 44 % de Vodafone au capital de SFR présente plus d'avantages que d'inconvénients. Surtout pour Vivendi qui, par exemple, aurait un accès direct au cash de sa filiale et n'aurait plus à négocier avec Vodafone le montant du dividende. Mais aussi pour SFR lui-même », indique Frédéric Doussard, analyste en charge des télécoms chez Oddo Securities.D'un point de vue financier, l'économie directe resterait marginale pour SFR. L'opérateur français a versé 79,5 millions d'euros en 2009 à son partenaire britannique en échange de prestations ou de partage d'expertise, soit seulement 0,6 % de son chiffre d'affaires. En revanche, Stéphane Beyazian, spécialiste des télécoms chez Raymond James, est convaincu que « la sortie de Vodafone du capital peut donner une plus grande liberté de manoeuvre stratégique, plus de flexibilité et réactivité, à la direction de l'opérateur français alors que se profile un choc sur le marché des télécoms français avec l'arrivée de Free Mobile en 2012 ». En 2008, avant de racheter Neuf Cegetel, SFR a dû demander l'accord de son actionnaire Vodafone notamment pour négocier une baisse du dividende à verser. Ce qui lui a fait perdre plusieurs mois.Création de synergiesAutre avantage que faciliterait une détention à 100 % : la mise en oeuvre de synergies avec d'autres filiales de Vivendi, principalement Canal +. Selon un analyste, les deux groupes pourraient par exemple créer une offre « triple play » (Internet, télévision, téléphonie) couplée. Enfin, sans Vodafone, SFR retrouverait la liberté d'investir à l'étranger, ce que lui interdit aujourd'hui l'accord avec le britannique et explique pourquoi les acquisitions dans les télécoms sont réalisées par la maison mère Vivendi (Maroc Télécom, GVT).Ne plus avoir Vodafone au capital présenterait évidemment des inconvénients mais ceux-ci pourraient être palliés. Sans Vodafone, SFR paierait-il plus cher les équipements pour son réseau ? Pas nécessairement. « Bouygues Telecom est plus petit que SFR et il négocie pourtant auprès des équipementiers des tarifs proches de ceux de ses grands concurrents », indique Frédéric Doussard. SFR perdrait l'avantage que lui confère l'accès aux réseaux étrangers de Vodafone lors de l'itinérance des appels. « Faire partie de la famille Vodafone facilite la gestion des appels à l'étranger mais SFR pourrait compenser cela en concluant un accord commercial », répond l'analyste. Enfin, avec Vodafone, il serait en théorie plus facile de négocier avec les géants comme Apple ou Google même si, rappelle Frédéric Doussard, « Vodafone n'a pas trouvé d'accord avec Apple pour vendre l'iPhone ».Finalement, pour Stéphane Beyazian, « le vrai changement est plus pour Vodafone que pour SFR. L'opérateur ne sera plus présent dans l'un des trois pays majeurs européens. À moins que le britannique utilise le produit de la vente de sa part dans SFR pour racheter un autre actif alors que les 7 milliards d'euros qu'il pourrait encaisser ne sont pas très éloignés de la valeur de Bouygues Telecom ». Si elle ne changera pas la vie de SFR, la sortie de Vodafone pourrait quand même bouleverser le paysage des télécoms français.

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