Christine Lagarde, une ministre qui ne manque pas d'« R »

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On ne change pas une méthode qui a fait ses preuves : résumer une politique économique à une initiale. Tout au long de l'année 2009, Christine Lagarde, au moment de défendre la pertinence du plan de relance français, n'a cessé de vanter les mérites des trois « T ». T comme « targeted », « timely » et « temporary ». Trois adjectifs qui, selon la ministre de l'Économie, caractérisent ? et expliquent ? la politique engagée en France pour permettre à l'économie hexagonale de résister à la pire récession vécue par le monde depuis la Seconde Guerre mondiale. En 2010, la France est sortie de la récession. Au quatrième trimestre de l'année écoulée, le PIB devrait avoir progressé de plus de 0,3 % ? performance qui avait été enregistrée au troisième trimestre ? permettant à la France d'entrer en 2010 « avec un peu d'élan », confie la locataire de Bercy. Au point que, mardi, la France révisera à la hausse sa prévision de croissance pour l'année en cours. François Fillon a parlé jeudi d'un quasi doublement par rapport à la dernière prévision officielle qui était à 0,75 %. Le gouvernement joue grosPour asseoir, voire accélérer, ce retablissement de l'économie dont chacun s'accorde aujourd'hui à dire qu'il est plutôt poussif, Christine Lagarde propose de structurer autour de quatre « R ». R comme « reprise » qu'il faut accélérer, R comme « réformes » qu'il n'est pas question de mettre entre parenthèses, R comme « régulation » qui sera l'un des grands chantiers de semestre avec notamment la création par ordonnance dès le 20 janvier d'une autorité de contrôle prudentielle issue de la fusion de la commission bancaire et de l'autorité de contrôle des assurances et des mutuelles afin de renforcer la supervision financière. Et enfin R comme « rétablissement des finances publiques ». À cet égard, le premier test de la volonté française interviendra dès la fin du mois avec la conférence des déficits publics et, dans la foulée, la transmission à Bruxelles du pacte de stabilité et de croissance présentant la trajectoire pluriannuelle de réduction des finances publiques. Le gouvernement joue gros. En affirmant à maintes reprises ne pas avoir l'intention d'augmenter les impôts, il s'est placé dans la situation de devoir présenter un programme drastique de réduction de la dépense publique afin d'atteindre l'objectif annoncé de revenir à 3 % de déficit public en 2013. Sachat que 2009 devrait s'achever sur des comptes publics en déficit de plus de 8 %, la pente est rude. En faisant du « R », la vedette de la présentation de ses v?ux, Christine Lagarde ne croyait pas si bien dire. Car c'est un cinquième « R », celui de Renault qui au final marquera ce début d'année 2010. Les déclarations de son ministre délégué à l'industrie (voir l'Événement dans l'édition électronique de ce jour), Christian Estrosi, alimentent les inquiétudes des investisseurs quant à la gouvernance du constructeur automobile et réduisent à un simple fond sonore l'air de la reprise que souhaitait faire entendre Christine Lagarde.

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