Le théâtre des bonus

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Crédit aux entreprises, paradis fiscaux, bonus... On pourrait se moquer. Dire que gouvernement et banques jouent à chaque fois le même scénario, les pouvoirs publics enjoignant aux établissements français d'adopter des règles de bonne conduite avant de se féliciter, rapports à l'appui, du résultat de ses sommations. Force est de constater, pourtant, que cette « théâtralisation » très politique se montre plutôt efficace. Le financement des entreprises ? Le médiateur du crédit a joué son rôle, les encours ayant augmenté de 2,7 % en 2009 alors que l'économie était en récession. Les paradis fiscaux ? Peu de banques étrangères ont suivi l'exemple de BNP Paribas, de la Société Généralecute; Générale ou du Crédit Agricolegricole, et se sont sélectivement retirés, qui du Panama, qui du Brunei. Les bonus ? Le rapport Camdessus, rendu public vendredi, met en lumière le rôle modérateur du « contrôleur des rémunérations » nommé en septembre 2009. L'enveloppe des primes versées en 2010 aurait été réduite de 800 millions d'euros. Au-delà de ce chiffre, forcément contestable, on ne peut que mesurer la différence entre la retenue affichée par les banques françaises et l'arrogance de leurs concurrentes d'outre-Manche, qui se refusent à toute politique de modération. La différence est d'autant plus frappante, que les premières ont plutôt bien traversé la crise et les secondes, fort mal. Changer les mentalités sera encore plus difficile à la City qu'à Paris. pagay@latribune.f

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