Le sort du Libor sera évoqué en septembre par les banquiers centraux

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Les banquiers centraux et les autorités de régulation tenteront en septembre de déterminer si le taux interbancaire Libor peut être réformé ou si le scandale créé par sa manipulation à grande échelle par des banques lui sera fatal.Un libor "structurellement corrompu"Le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mervyn King, a adressé à ses principaux homologues du monde entier une lettre dans laquelle il juge "évident que des réformes radicales du système Libor sont nécessaires." Le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, et le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, qui préside le Conseil de stabilité financière du G20, ont évoqué mercredi la possibilité d'opter pour des alternatives au Libor , que certaines banques sont accusées d'avoir manipulé pendant la crise financière. "Il y a différentes solutions si le Libor ne peut être réformé", a dit Mark Carney. "S'il est structurellement corrompu et ne peut pas être réformé, ce qui est une possibilité, il y aura différents types d'approches possibles et nous devons y réfléchir".Après le libor, l'euriborL'enquête sur la manipulation du Libor, qui a conduit la banque britannique Barclays a accepter de payer une amende de 453 millions de dollars et qui vise toujours d'autres grandes banques internationales, a des répercussions sur d'autres taux de marché. La Banque centrale européenne (BCE) fait ainsi pression sur les responsables de l'Euribor, le taux interbancaire en euro, en faveur d'une refonte de son mode de calcul, ont expliqué plusieurs sources proches du dossier à Reuters. Singapour, Hong Kong et le Japon ont annoncé de leur côté des enquêtes sur la manière dont sont fixés leurs taux interbancaires respectifs et en Corée du Sud, l'autorité antitrust a élargi ses investigations sur des soupçons de manipulation de taux.Rendez-vous à Bâle le 9 septembreLe sujet sera inscrit à l'ordre du jour du Comité économique consultatif qui réunira les grands banquiers centraux à Bâle (Suisse) le 9 septembre, a précisé une source d'une banque centrale. Les débats se poursuivront la semaine suivante dans le cadre du Conseil de stabilité financière, qui inclut également des représentants des organismes de régulation.Différentes options sont envisagéesLors d'une conférence de presse mercredi, le gouverneur de la Banque du Canada a évoqué la possibilité d'utiliser les taux des prises en pension (repo) et les taux des swaps indexés sur le taux au jour le jour (OIS), deux idées également mentionnées par Ben Bernanke. Ce dernier a également jugé que les rendements des bons du Trésor américain pourraient servir de référence au marché interbancaire mais il a précisé que la Fed ne défendait aucune solution en particulier.Après Barclays, à qui le tour ?Plusieurs dizaines de banques, parmi lesquelles l'américaine JPMorgan Chase & Co et l'allemande Deutsche Bank , restent soupçonnées d'avoir minoré pendant des années le taux Libor pour augmenter leurs marges et dissimuler leurs propres coûts de financement pendant la crise de 2007-2009. En France, la Société générale a été contactée dans le cadre de l'enquête mais aucune malversation n'a été découverte à ce jour, a déclaré mercredi une porte-parole de la banque. Le Financial Times avait rapporté un peu plus tôt que des traders de la Société Générale, HSBC, Deutsche Bank et Crédit Agricole avaient des liens avec un trader de Barclays placé sous surveillance. 

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