"En matière de limitation des dépenses publiques, c'est le vide sidéral"

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Le tout nouveau - il a été nommé dans cette fonction début juillet - secrétaire national de l\'UMP en charge de la croissance et des nouvelles libertés économiques et par ailleurs Conseiller de Paris répond aux questions de La Tribune sur les premières orientations économiques, fiscales et sociales décidées par le gouvernement Ayrault.La Tribune. Le projet de loi de finances rectificative prévoit 7,2 milliards d\'euros de recettes nouvelles cette année (et 13,3 milliards en incluant 2013) pour tenir l\'objectif de limiter le déficit public à 4,5% du PIB en 2013. L\'objectif est louable, non ?- Jérôme Dubus. Certes, l\'objectif est louable. Mais il y a différentes façons d\'y parvenir. Il y a d\'abord la méthode Ayrault qui consiste à augmenter les prélèvements obligatoires. Et il le fait de façon drastique avec pour cette année 7,2 milliards de nouvelles recettes. Au total, avec le précédent collectif, on arrive à 22 milliards de prélèvements nouveaux pour 2012. Une autre méthode consiste à agir sur les dépenses publiques. Or, là, il n\'y a rien. C\'est le vide sidéral. On peut aussi mixer les deux. Le plus inquiétant est que certaines des mesures Ayrault vont jouer contre la croissance.Vous faites allusion à la remise en cause de la défiscalisation des heures supplémentaires...- Sur les heures supplémentaires, le bilan de la mesure prévue par la loi Tepa de 2007 était positif. Près de 9 millions de salariés en ont bénéficié. C\'était la seule manière de faire progresser le pouvoir d\'achat dans une période où les salaires étaient quasi bloqués. Ne nous y trompons pas, revenir sur la défiscalisation des heures supplémentaires signifie la mort des heures supplémentaires.Oui mais en instituant 1,6 point de TVA sociale le 1er octobre si vous étiez encore au pouvoir vous auriez rogné sur ce pouvoir d\'achat ? - L\'augmentation de TVA prévue le 1er octobre pour soulager le coût du travail, via un transfert d\'une partie des cotisations patronales dédiées à la politique familiale, devait être accompagnée dans un second temps par une baisse des cotisations pesant sur les salariés cette fois. Nicolas Sarkozy l\'avait dit durant la campagne électorale. On serait donc parvenu à un équilibre, le pouvoir d\'achat n\'aurait pas été rogné. De toute façon, il n\'y a que deux moyens pour faire progresser le pouvoir d\'achat. Soit en augmentant les salaires - ce que le gouvernement Ayrault a fait avec le Smic mais heureusement de façon limitée - ce qui est quasiment impossible dans la période actuelle, soit en rapprochant le salaire brut du salaire net par une diminution des cotisations.Mais le gouvernement n\'a pas abandonné cette piste, seulement il songe davantage à augmenter la CSG qui touche tous les revenus que la TVA...- Certes, mais l\'on perd du temps. La loi sur l\'augmentation de la TVA a été votée par nos soins . Maintenant, les socialistes l\'ont abrogée. Il faut donc tout recommencer, on perd du temps. C\'est incompréhensible ! Louis Gallois à qui le gouvernement a demandé de réfléchir sur l\'allégement du coût du travail et qui connaît très bien l\'industrie dit qu\'il faut un choc de compétitivité tout de suite et un allégement d\'au moins 50 milliards d\'euro sur ce coût du travail. Et encore, pour revenir au niveau de l\'Allemagne il faudrait 80 milliards d\'allègements ! En transférant 13 milliards sur la TVA nous aurions commencé le travail. Ceci dit, à l\'UMP, nous considérons qu\'un transfert des cotisations sur la CSG est une piste à regarder. Mais elle a ses limites par rapport à la TVA en ne touchant pas les produits importés même si elle a l\'avantage de concerner tous les revenus y compris ceux du capital. Il faut sans doute mixer CSG et TVA.Face à l\'annonce par PSA de la suppression de 8.000 postes qu\'aurait fait l\'UMP si elle avait gardé le pouvoir ?- D\'abord, je suis contre la politique du bouc émissaire. PSA a fait preuve de patriotisme économique en gardant sa production en France. Et c\'est même pour cela que le groupe est maintenant en difficulté. Certes, l\'entreprise a certainement fait des erreurs stratégiques, notamment dans sa politique à l\'international. Mais je trouve extraordinaire qu\'Arnaud Montebourg qui était il y a encore un mois le chantre de la démondialisation fasse ce reproche aux dirigeants de PSA ! Ensuite, il faut trouver un plan permettant de parvenir à zéro licenciement et à la reconversion du site d\'Aulnay où doit être absolument conservée une activité industrielle. Enfin, PSA a raison d\'avancer le problème de la baisse de la compétitivité de l\'industrie française par rapport aux Allemands. On ne joue plus à armes égales. En 2002, le coût du travail dans l\'industrie française était inférieur de 8% à celui de l\'industrie allemande. Dix ans plus tard, il est devenu plus élevé.Au sein de l\'UMP, on ne perçoit pas encore très bien, sur le terrain économique, ce qui sépare François Fillon et Jean-François Copé, qui devraient être les deux plus sérieux candidats pour la présidence du mouvement...- C\'est vrai mais c\'est encore un peu tôt. Jean-François Copé n\'est même pas encore candidat officiellement. Ce devrait être fait fin août. Il y aura alors débat et chacun exposera son projet. Et je crois que des différences profondes apparaîtront entre les candidats, y compris sur le terrain économique.  

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