Bruxelles va devoir faire preuve de frugalité

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Les grands contributeurs nets au budget européen, c'est-à-dire les pays qui donnent plus qu'ils ne reçoivent en retour, ont démarré la bataille autour des futures perspectives budgétaires par une surprenante alliance. Londres, Paris et Berlin ont défini le périmètre de leur grand marchandage en annonçant le gel du budget bruxellois pour les dix prochaines années. A l'initiative du Britannique David Cameron, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont cosigné une lettre pour expliquer au président de la Commission José Manuel Barroso que « la dépense publique européenne ne peut s'exonérer des efforts considérables des Etats membres ». Aussi, les crédits de paiement ne devraient pas augmenter « davantage que l'inflation ». Anticipant l'argument bruxellois qui consiste à dire que les capitales ne peuvent pas sans cesse conférer de nouvelles responsabilités au niveau européen, tel que le service diplomatique, sans lui donner plus de moyens, les signataires affirment que « la mise en oeuvre de politiques européennes ambitieuses » reste possible mais que « l'enjeu des prochaines années ne sera pas pour l'UE de dépenser plus, mais de mieux dépenser ». Et encore, José Manuel Barroso peut s'estimer heureux : le souhait de départ de David Cameron était de ramener le budget européen, actuellement de 1 % du PIB des 27, à 0,8 %. Pacte de non-agressionSelon des observateurs, avec ce pacte de non-agression, la France et l'Allemagne pourraient obtenir que la PAC reste à un niveau inchangé, et Londres continuerait à toucher son fameux « chèque » en retour. Les pays d'Europe de l'Est s'inquiètent donc d'une baisse des fonds structurels. Au Parlement européen, les socialistes dénoncent une « thatchérisation » des gouvernements européens. Pour l'UMP Alain Lamassoure, agacé : « Si la politique financière de l'Union se décide en fait à Berlin, sa politique budgétaire à Londres, sa politique agricole à Paris, sa politique régionale à Varsovie, sa sécurité militaire à Washington, son approvisionnement énergétique à Moscou, et son avenir nulle part, alors, il n'y a plus d'Europe ! » Mais le débat à venir ne portera pas que sur les chiffres. Les eurodéputés devraient se battre pour que l'Union dispose de davantage de « ressources propres » pour remplacer les transferts nationaux. En clair : un impôt européen. Par ailleurs, la Commission, qui fera en juin des propositions chiffrées pour le futur budget, devrait militer en faveur de la création de « EU project bonds », sortes d'euro-obligations qui permettraient à l'Union d'investir dans des projets d'infrastructures sans augmenter son budget.

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