La Chine sur le chemin de la réforme du ratio de réserves obligatoires des banques

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Début janvier, la banque centrale chinoise (PBoC) a annoncé une réforme du taux de réserves obligatoires que les banques doivent conserver auprès de la banque centrale, en pourcentage de leurs dépôts. Le taux - qui a été relevé vendredi dernier pour la septième fois en un an avec effet ce jeudi - est actuellement le même pour toutes les banques, avec une légère variante entre les plus grands établissements et ceux de taille moyenne. Actuellement, la PBoC contrôle une fois par trimestre que les banques respectent effectivement le ratio fixé.Les nouvelles mesures, qui doivent entrer en vigueur au premier trimestre, prévoient que le taux soit fixé individuellement pour chaque établissement et qu'il soit contrôlé mensuellement. Selon les analystes, cette réforme devrait permettre une meilleure gestion par les banques de leurs réserves et un meilleur contrôle par la PBoC de sa politique. Elle montre enfin l'importance qu'ont pris les réserves obligatoires dans la politique monétaire chinoise. Jusqu'à la crise financière, les réserves obligatoires n'étaient qu'administratives : bien plus élevées que les réserves actuellement conservées par les banques, elles n'avaient aucun caractère de contrainte. Depuis, pour financer le plan de relance, les banques ont lâché leurs réserves dans le système et si bien que le taux des réserves obligatoires a pu finalement jouer un rôle contraignant. Fin des quotas de crédits ?Depuis la fin du plan de relance, le taux de réserves obligatoires, désormais à 19 %, est de fait devenu l'outil essentiel de la banque centrale pour contrôler la masse monétaire. Ce rôle était auparavant dévolu au quota de crédit alloué aux banques chaque trimestre. Mais le quota de 2009 a été dépassé en quelques mois. De plus, les banques contournent facilement cette contrainte en sortant de leurs bilans une partie des crédits, via des fonds de gestion. La banque centrale n'a d'ailleurs pas encore - publiquement du moins - alloué un quota de crédit pour 2012 et certains analystes n'excluent qu'il soit abandonné, remplacé par cette réforme.Dans ce contexte, la réforme, dont les modalités restent encore à définir, pose quelques questions dont le rôle exact du taux des réserves obligatoires qui, à terme, ne peut être le seul outil de la PBoC face aux problèmes structurels de liquidités dans l'économie. « La fin d'un taux unique va rendre moins visible la politique de la PBoC. Il y a aura aussi beaucoup plus de place pour que chaque banque négocie à la baisse son ratio si elle besoin d'un peu plus de marge », explique Patrick Chovanec, professeur d'économie à l'Université de Tsinghua. « À ce stade, les intentions de la banque centrale sont encore peu claires ». Virginie Mangin, à Pék

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