Les premiers effets de la sécheresse se font sentir

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C'est le monde à l'envers. Selon le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), seules les régions bordées par la Méditerranée ne sont pas concernées par la sécheresse qui touche le reste du pays. De l'Aquitaine aux côtes de la Manche, en Champagne-Ardenne, Lorraine, Alsace, Franche-Comté et sur les Alpes du Nord, il a moins plu que d'habitude cette année. En Bretagne, Sologne et Touraine, le déficit de pluie avoisine les 75 %. Selon le BRGM, « environ 58 % des nappes phréatiques hexagonales affichent aujourd'hui un niveau inférieur à la normale. La France n'est pas un cas isolé, ses voisins du nord de l'Europe, notamment le Royaume-Uni, le Benelux, l'Allemagne et la Pologne étant également concernés par cette clémence du climat qui freine les cultures actuellement en plein développement végétatif.Les perdants plus nombreuxAu niveau économique, on peut déjà distinguer les perdants et les gagnants de ce phénomène climatique. Si ces derniers se comptent sur les doigts d'une main - les cafetiers, les marchands de glaces, les restaurateurs, les professionnels du tourisme situés sur les littoraux des facades nord et ouest notamment -, les perdants sont beaucoup plus nombreux, à commencer par les agriculteurs qui, dans huit départements, doivent déjà faire face à des restrictions d'eau. C'est le cas en Seine-et-Marne, Val-de-Marne, en Essonne, en Charente et en Charente-Maritime, le Cher, la Vienne et les Deux-Sèvres. L'activité des viticulteurs et des éleveurs pourrait aussi souffrir d'une sécheresse persistante, fragilisant un peu plus la situation économique des agriculteurs. Pour mémoire, à 24.400 euros par an en moyenne, leurs revenus sont inférieurs de 10 % à 15 % à la moyenne nationale selon le ministère de l'Agriculture. Les professionnels du tourisme installés en montagne font aussi grise mine. Dans les Vosges et le Jura, les stations de ski sont fermées depuis longtemps. Dans les Alpes, elles ferment plus tôt que prévu. L'énergie n'est pas épargnée. Une étude d'EDF indique que la baisse du niveau des cours d'eau provoque d'importantes tensions sur la production d'électricité et nécessite une gestion très fine des ressources. Ainsi, les centrales thermiques doivent prendre le relais des usines hydroélectriques dont la production devrait chuter de 20 % à 50 % dans les prochaines années selon le Groupe intergouvernemental d'experts de l'ONU sur l'évolution du climat (Giec). EDF doit aussi prendre soin de relâcher d'importantes quantités d'eau de ses barrages pour assurer le refroidissement de ses centrales nucléaires.

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