Les régions à l'assaut de la réforme territoriale

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collectivités localesL'appel du chef de l'état a laissé sans voix les présidents de région. Présentant la réforme territoriale à Saint-Dizier (Haute-Marne), Nicolas Sarkozy a émis le souhait que, « chose extraordinaire », la gauche s'y rallie. Provocation ? C'est que la gauche, qui gère la quasi-totalité des régions et la majorité des départements, est vent debout contre la réforme territoriale qui est présentée aujourd'hui en Conseil des ministres. Les réactions d'hier l'attestent.« Une réforme scélérate contre la décentralisation » : le président de la région Rhône-Alpes, Jean-Jack Queyranne, ne mâchait pas ses mots, hier, lors d'une conférence de presse. Évoquant tant la réforme territoriale que celle de la taxe professionnelle, l'élu socialiste a estimé que « ce qui est proposé, c'est de couper les ailes aux régions, dans un processus de recentralisation », dénonçant « l'alliance entre les technocrates de Bercy et le néojacobinisme UMP ».L'ensemble des présidents socialistes de région, qui tenaient aussi une conférence de presse hier, ont pointé du doigt les conséquences « graves » pour les Français du « démantèlement du fonctionnement des collectivités » : « moins de crèches, moins d'écoles dans les villes, moins de collèges, moins d'aide sociale dans les départements, moins de lycées, moins de trains régionaux, moins d'apprentis et moins de formations pour les chômeurs dans les régions ». Les présidents socialistes estiment que la réforme, qui est présentée cinq mois avant les élections régionales, signe « l'arrêt de mort de la démocratie locale et de la décentralisation ». « Nicolas Sarkozy ne supporte pas l'existence de contre-pouvoirs locaux », assurent les élus. Quant au conseiller territorial nouvellement créé, il sera « le nouveau cumulard de la République », estiment les présidents de région. Plus globalement, le PS a demandé hier que la réforme territoriale soit soumise à référendum.« Crise de croissance »Nicolas Sarkozy a confirmé hier la création de 3.000 conseillers territoriaux, qui siégeront à partir de 2014 à la fois dans les départements et les régions, en lieu et place des 6.000 élus actuels. Il a défendu le mode de scrutin retenu (uninominal à un tour avec 20 % de proportionnelle) et la spécialisation des compétences des départements et des régions. Avant de réaffirmer sa volonté de supprimer la taxe professionnelle : « C'est une réforme urgente sur laquelle je ne céderai pas », a-t-il averti. Et de se faire le chantre de? la décentralisation, « devenue un bien commun ». « La décentralisation est une conquête. Je respecte pleinement cet héritage à la fois généreux et complexe », a déclaré Nicolas Sarkozy. Le problème, selon le chef de l'État, est que les collectivités « traversent une crise de croissance », marquée par « l'augmentation continue » de leurs dépenses. La décentralisation n'a manifestement pas la même définition à l'Élysée et au PS. Stéphanie Tisserond

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