Paris et Francfort, places préférées des stratégistes

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Si les « fashion weeks » (la saison des défilés de mode) de New York et de Londres ont commencé à détrôner celles de Paris, il en va tout autrement en matière boursière. De Credit Suisse à MFC Global Investment Management, en passant par Brewin Dolphin, nombreux sont les stratégistes à avoir avoué cette semaine leur préférence pour les places boursières d'Europe continentale, au détriment de Wall Street et de Londres.pris à la gorgeUne préférence qui peut étonner, dans la mesure où l'économie américaine est a priori celle qui redémarrera la première. Mais MFC Global IM avance l'argument des valorisations. Le CAC 40 parisien se paie 13,2 fois seulement les bénéfices attendus pour 2009, selon les données de l'agence Bloomberg. Le DAX francfortois affiche un multiple plus élevé, de 15,9, mais qui demeure inférieur à celui du S&P 500 américain (17,4). Car si les grands indices mondiaux ont progressé dans un bel ensemble de mars à septembre, le CAC 40 et le DAX accusent depuis peu un retard : au cours des quatre dernières semaines, Paris et Francfort ont respectivement fléchi de 3,4 % et de 2,4 %, alors que le S&P 500 s'est octroyé 0,4 %, et le FTSE 100 londonien, 0,12 %.Les écarts de valorisation ne sont pas les seuls éléments favorables aux marchés français et allemand, pour les prochains mois. Les stratégistes invoquent également les perspectives macroéconomiques des deux pays. « Les consommateurs d'Europe continentale sont globalement moins endettés que les ménages américains et britanniques », souligne MFC Global IM. D'après la Banque centrale européenne, la dette représentait en effet 94,1 % du revenu disponible des ménages en 2008 dans la zone euro, contre 129,8 % aux États-Unis. Un atout pour l'Europe, les consommateurs étant le principal moteur de l'économie. Si, comme l'indique la société de gestion SVG Investment Managers, il ne faut pas s'attendre à une explosion de la consommation européenne en 2010, celle-ci présente en revanche moins de risque de baisse qu'aux États-Unis, où nombre de ménages sont pris à la gorge par le remboursement de leurs crédits immobiliers. Les dépenses de consommation des Français en septembre s'étaient d'ailleurs révélées supérieures aux prévisions des économistes.Autre facteur positif pour l'Europe continentale, la moitié de ses exportations sont à destination des pays émergents, qui se portent comme un charme. Les États-Unis, eux, n'exportent qu'à hauteur de 35 % vers les marchés émergents. Conséquence, même avec une monnaie forte, l'Europe sort gagnante du match contre les pays anglo-saxons. Christine Lejoux

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