Les tensions sur les taux périphériques à leur paroxysme

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Deux semaines après la demande de soutien financier du Portugal, les tensions sur les marchés obligataires européens ont redoublé, attisées par les craintes de restructuration de la dette grecque. Évoluant en sens inverse des prix, le taux à 2 ans grec bondissait ce jeudi en fin d'après-midi de 115 points de base à un nouveau record historique de 23,17 %, tandis que le taux à 10 ans augmentait de 17 points à un plus haut de 14,93 %. Un profil de courbe de taux dite « inversée » caractéristique des pays en proie à de graves difficultés économiques et financières. Mercredi, le ministre des Finances grec a de nouveau catégoriquement rejeté tout réaménagement de la dette, qui pourrait d'ici 2 ans atteindre 160% du PIB, affirmant qu'une « restructuration comporte des risques importa nts pour l'économie, le système bancaire, les ménages et les entreprises ». Le ministère a par ailleurs demandé jeudi au procureur d'Athènes d'enquêter sur l'origine des rumeurs de restructuration imminente, qui avait déjà fait bondir mercredi le taux à 2 ans hellénique de 129 points de base.Alors que la BCE n'a réalisé, dans le cadre de son programme de soutien annoncé en mai dernier, aucun achat de dette sur les marchés obligataires depuis 3 semaines, les incertitudes sur la capacité du pays à honorer ses engagements dans le futur se sont propagés à l'Irlande et au Portugal. Les taux à 2 ans irlandais et portugais progressaient respectivement de 111 et 98 points de base à des record de 11,46 % et 11,47 %. Malgré le succès mercredi de son émission obligataire à court terme, le Portugal pâtit aussi de la crise politique née de la démission du Premier ministre et de la montée en puissance du parti nationaliste True Finns en Finlande, qui pourraient compliquer la finalisation du plan de 80 milliards d'euros devant être octroyé au pays. Quant à l'Irlande, la dégradation vendredi dernier par Moody's de la notation du pays de « Baa1 » à « Baa3 », puis la rétrogradation lundi de la dette de l'ensemble des banques du pays dans la catégorie « spéculative », a rappelé que les difficultés financières du pays étaient elles aussi loin d'être résorbées. J. B.

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