La baisse de la prime à la casse pèse sur les dépenses des ménages

L'accélération de l'activité au quatrième trimestre 2009 devrait malheureusement rester sans suite, la remontée des indicateurs macroéconomiques entamée au printemps dernier étant actuellement interrompue. Alors que le moral des industriels se stabilise à un niveau très bas, que celui des dirigeants de PME s'effondre (lire « La Tribune » du 22 janvier), les dépenses des ménages en produits manufacturés ont chuté de 2,7 % en janvier selon l'Insee. Même si ces dépenses ne représentent qu'un quart de la consommation des ménages, ce coup d'arrêt tombe plutôt mal car la consommation est le dernier moteur de l'économie française, l'investissement et l'export étant au plus bas.PrudenceComment expliquer la prudence des ménages à ouvrir en grand leur porte-monnaie ? Pas par le retour de l'inflation. Toujours selon l'Insee, l'indice des prix à la consommation a reculé de 0,2 % en janvier (+ 1,1 % sur un an). À titre de comparaison, le pouvoir d'achat du revenu disponible des ménages a augmenté de 2,1 % en 2009. Après l'augmentation de 3,3 % des dépenses de biens d'équipement observée au quatrième trimestre, « la dynamique n'était pas tenable. Il s'agit d'une correction logique, après des dépenses dopées artificiellement par la prime à la casse », explique Alexander Law chez Xerfi. Alors que cette prime est passée de 1.000 à 700 euros depuis le 1er janvier, les ventes de véhicules automobiles ont dégringolé de 16,7 % en janvier. Elles avaient bondi de 14,9 % entre octobre et décembre. « Cette chute des immatriculations devrait se poursuivre cette année, car les ménages ne changent pas de véhicules tous les ans. La consommation devrait en être affectée pour ne progresser qu'à un rythme compris entre 0,5 % et 1 % », explique Olivier Gasnier à la Société Généralecute; Générale. Quant aux autres dépenses, elles restent plutôt soutenues, notamment celles en équipement du logement (+ 1,3 %) et le textile-cuir (+ 1,6 %). Dans ce contexte, le PIB ne devrait progresser que de 0,2 % au premier trimestre, selon Axelle Lacan, au Crédit Agricolegricole, loin du + 0,6 % constaté au dernier trimestre 2009. Fabien Piliu

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