Le cavalier seul de Barroso critiqué par les États

L'affaire de la nomination de Joao Vale de Almeida, un proche du président de la Commission José Manuel Barroso, au poste d'ambassadeur européen à Washington, continue de faire du bruit. Plusieurs pays ont manifesté cette semaine leur agacement à l'égard du président Barroso qui leur a coupé l'herbe sous le pied. « Dans ce genre d'affaires, il faut être clair. Ce n'est pas à la personne que j'en ai, mais à la procédure », a déclaré lundi à Bruxelles le secrétaire d'État aux Affaires européennes, Pierre Lellouche.Le traité de Lisbonne en même temps qu'il crée un service d'action extérieure de l'Union européenne transfère en effet le pouvoir de nomination des chefs de délégation européenne du président de la Commission à la haute représentante Catherine Ashton. Les chancelleries y gagnent ainsi un droit de regard sur les candidats. Or, dans le cas en question, ils n'ont été qu'« informés ». Pierre Lellouche doit écrire cette semaine à la baronne Ashton pour le regretter.Ashton Court-circuitéeLes protestations ont été d'autant plus vives que Joao Vale de Almeida, simple fonctionnaire affidé de José Manuel Barroso, remplace un ancien Premier ministre, l'Irlandais John Bruton. « Il y a eu clairement une décision de la Commission de revoir à la baisse » le profil du poste, a déclaré à l'AFP le ministre des Affaires étrangères suédois, Carl Bildt, qui était, selon des sources diplomatiques, lui-même candidat au poste.Cette nomination est également un nouveau revers pour la haute représentante. Court-circuitée, elle risque à présent de voir son rôle de représentation rogné, l'administration américaine disposant, avec Joao Vale de Almeida, d'une connexion directe avec le président de la Commission.Ce n'est pas la première fois que l'on reproche à José Manuel Barroso de placer des proches à des postes clés. Il est connu pour avoir « présidentialiser » sa fonction en s'appuyant sur le secrétariat général de la Commission qui exerce une tutelle sur les services et pour défendre la promotion de fonctionnaires portugais dans les cabinets des autres membres de la Commission. Selon un décompte récent de la Fondation Robert Schuman, les Portugais sont la cinquième nationalité la plus représentée dans les équipes des membres du collège, devant les Belges, les Polonais et les Espagnols.Florence Autret, à Bruxelle
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