La France souhaite normaliser ses relations avec le Gabon

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Avant le discours de Dakar, qui fit couler tant d'encre, il y eut le discours de Cotonou en mai 2006. Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur de Jacques Chirac, avait appelé à une relation « plus transparente » entre la France et l'Afrique, une relation débarrassée « des réseaux d'un autre temps, des émissaires officieux qui n'ont d'autres mandats que celui qu'ils s'inventent » dans une critique implicite de la politique africaine de son prédécesseur.« Avec le Gabon, nous voulons passer de la théorie à la pratique », explique-t-on à l'Élysée. Nicolas Sarkozy, qui arrive au Gabon ce mercredi, se rendra d'abord à Franceville où il se recueillera avec le président Ali Bongo sur la tombe d'Omar Bongo, décédé le 8 juin 2009 à Barcelone. Les deux chefs d'État se rendront ensuite dans la capitale Libreville.Nicolas Sarkozy signera mercredi un nouvel accord de défense qui, à l'inverse des traités historiques liant la France à ses ex-colonies africaines, ne prévoit plus d'intervention automatique de Paris pour défendre des gouvernements menacés. Après le Cameroun et le Togo, le Gabon sera le troisième pays africain à réviser ainsi des accords militaires qui, pour certains, remontaient à leur indépendance en 1960.« On avait des accords qui donnaient à la France des privilèges très importants [...] qui lui accordaient notamment un monopole dans l'approvisionnement des forces armées nationales et qui lui donnaient un droit de préemption sur l'exploitation des ressources dites stratégiques. » « En contrepartie, la France garantissait la défense de ces États », ajoute-t-on. L'Élysée confirme ainsi qu'Elf a eu, durant des décennies, un accès quasi exclusif aux réserves pétrolières de ces pays.nombreuses rencontresLa visite de Nicolas Sarkozy permettra-t-elle de tourner la page de la Françafrique ? Bruno Ben Moubamba, candidat malheureux à l'élection présidentielle, en doute : « Quelles sont les raisons de ces trop nombreuses rencontres entre Ali Bongo et Nicolas Sarkozy : novembre, décembre, janvier, février ? Pratiquement une fois par mois ! » L'Élysée confirme en outre la présence de Robert Bourgi. Cet avocat franco-libanais, qui a l'oreille de Nicolas Sarkozy pour les questions africaines, avait ouvertement fait campagne pour Ali Bongo. Le président français effectuera jeudi une visite de trois heures au Rwanda pour tourner la page d'années de polémiques sur l'enchaînement des événements qui ont conduit au génocide de 1994. Venant juste après la reprise des relations diplomatiques rompues en 2006, cette visite doit permettre « d'acter la volonté des deux parties de se tourner vers l'avenir sans pour autant oublier le pass頻, explique-t-on dans l'entourage du chef de l'État. ?

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