Hummer blindés, valises de dollars et réfugiés affamés

Lors de son investiture, le 20 octobre 2009, Ali Bongo a promis de préserver l'héritage de son père, Omar Bongo, mais aussi de s'engager contre la corruption. Il a même instauré une Journée nationale de la lutte contre l'enrichissement illicite. Les promesses d'Ali Bongo devront être jugées sur la durée. Le problème est endémique au Gabon. Un rapport du sous-comité aux investigations du Sénat - intitulé « Keeping foreign corruption out of the United States : four case histories » ? révèle l'existence de nombreux mouvements de fonds suspects initiés par Omar Bongo. En septembre 2007, Omar Bongo a profité des assemblées générales des Nations unies pour livrer 1 million de dollars en liquide à l'une de ses filles vivant alors à New York. 1 million de dollars en billet Le président n'a pas jugé nécessaire de déclarer la somme aux douanes. L'affaire a été mise à jour lorsque Yamilee Bongo-Astier a demandé à la Commerce Bank de lui fournir un chèque de banque pour l'achat d'un appartement. La banque a alors découvert que la jeune fille possédait 1 million de dollars en billets de 100 dans ses coffres. Elle a expliqué qu'elle « recevait fréquemment des cadeaux de son papa et qu'elle attendait 700.000 dollars supplémentaires pour l'achat de son appartement ». De 2003 à 2007, Omar Bongo a également recouru aux services de Jeffrey Birrell, un lobbyiste américain, pour acheter des véhicules blindés (quatre Hummer, une Cadillac Deville et une Jeep) ainsi que six avions américains de transports C-130 auprès du gouvernement saoudien. S'agissant de matériel militaire, une autorisation américaine était nécessaire pour réexporter les avions vers le Gabon. L'opération échouera. Mais une partie des fonds ? 17 millions de dollars ? nécessaires à l'acquisition des avions transférée d'une entité appelée Ayira (Gabon) sur les comptes de Grace Group, une société créée par Jeffrey Birell, a ensuite pris des chemins de traverse. L'enquête du Sénat établit que 9,2 millions de dollars sont ainsi repartis sur un compte du président Omar Bongo à Malte. Contacté par « La Tribune », l'avocat de la famille Bongo n'a pas souhaité répondre. En outre, 4 millions de dollars ont été versés sur les comptes de l'ancien conseiller du président, Abass Haidara Cherif, à la KBC Bank à Bruxelles. Enfin, 200.000 dollars supplémentaires ont été transférés sur les comptes du conseiller à l'agence Fontenoy (Paris) de la Société Généralecute; Générale. Le message de Grace Group accompagnant le virement expliquait que les fonds étaient destinés à « nourrir des réfugiés affamés au Mali et au Niger ». Xavier Harel

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