Afghanistan : un retrait qui coûte cher au budget de la défense

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A ceux qui pensaient faire des économies avec le retrait des troupes françaises d\'Afghanistan dès 2012, c\'est raté. \"Le coût du retrait d\'Afghanistan sera variable en fonction des contrats d\'affrètement, a averti le chef d\'état-major des armées, l\'amiral Edouard Guillaud, lors de son audition devant les députés de l\'Assemblée nationale. Cette année, j\'estime qu\'il sera équivalent au coût de notre présence. Autrement dit, les surcoûts OPEX (opération extérieure, ndlr) liés à l\'Afghanistan resteront sensiblement équivalents\". Soit près de 500 millions d\'euros. Pour autant, a expliqué le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, \"le montant des frais liés au retrait logistique n\'est pas encore fixé\". Selon un rapport du Sénat publié en juillet, le montant prévisionnel du surcoût OPEX lié à l\'Afghanistan s\'élève à 481 millions d\'euros en 2012. Le ministre de la Défense Jean-Yves, Le Drian, a estimé que ce coût \"devrait être ramené à 500 millions pour 2012\". Car en 2011, les surcoûts avaient atteint un pic de 518 millions d\'euros (contre 482 millions en 2010) en raison de l\'augmentation du coût de transport stratégique et de la mise en place d\'équipements individuels destinés à améliorer la protection du combattant et d\'effets vestimentaires mieux adaptés aux spécificités climatiques de cette zone.1.400 soldats français au 31 décembre 2012Pourtant 2012 est marquée par une forte réduction des troupes françaises en Afghanistan. Le dispositif passera de 3.600 militaires au 1er janvier 2012 à 1.400 au 31 décembre 2012. Cette diminution concerne principalement la Task Force \"La Fayette\" et les conseillers insérés dans l\'armée afghane. Les avions de combat Mirage 2000 sont eux déjà rentrés de Kandahar. \"Le désengagement du matériel et des équipements associés prendra plus de temps et devrait s\'étaler jusqu\'à l\'été 2013, la réouverture de la voie terrestre par le Pakistan nous permettant d\'être plus sereins sur la tenue du calendrier et la sécurité mise au premier plan par le Président de la République\", a précisé l\'amiral Guillaud. Il ne restera aux côtés des Afghans jusqu\'à la fin de 2014, date du retrait total de la Force internationale d\'assistance et de sécurité (FIAS) que 400 à 500 soldats français. Ils seront affectés à la formation de l\'armée afghane (environ 150 militaires), à la garde armée de l\'hôpital militaire de Kaboul (une centaine), à la gestion de l\'aéroport de Kaboul (une cinquantaine) et, enfin, quelques personnels seront insérés dans les états-majors (une centaine). Enfin, s\'agissant de l\'aide civile, qui prendra le relais à compter de 2014, le ministre des affaires étrangères a annoncé à Tokyo la semaine dernière un effort français de 300 millions d\'euros sur cinq ans.Un retrait des matériels coûteuxAux 400 à 500  militaires français présents jusqu\'à fin 2014, s\'ajouteront environ un millier d\'entre eux qui travailleront au retour des matériels vers la France. Dont 300 hommes qui seront là pour assurer le dispositif de protection. Tous ces soldats rentreront dans le courant de 2013 au fur et à mesure des avancées du départ des conteneurs. Selon le rapport sénatorial, il reste plus de 900 véhicules, dont 500 blindés,14 hélicoptères et près de 1.400 conteneurs. Selon le rapporteur, le coût de rapatriement d\'un conteneur peut être multiplié par plus de 10 selon les différentes options. Par voies aériennes : directe Afghanistan-France (de 33.000 à 58.000 euros), voie multimodale (maritime et aérienne) par les Émirats arabes unis (de 21.000 à 30.000 euros), voie multimodale par le Kazakhstan (de 11.000 à 16.000 euros). Par voies principalement terrestres : par le Nord, la voie kazakhe (aérienne puis ferrée) de 11.000 à 16.000 euros ; par la voie ouzbèke : 7.000 à 8.000 euros ; par le sud : voie routière jusqu\'à Karachi (Pakistan) puis voie maritime : 5.000 euros.Depuis la fin de l\'année 2011 et les premiers désengagements de soldats français, 250 véhicules et 200 conteneurs ont déjà été retirés. Les deux voies principales de sortie actuellement utilisées sont : la voie aérienne directe depuis la métropole (la plus coûteuse) et la voie multimodale (maritime et aérienne) via les Émirats Arabes Unis.Fin 2012, il n\'y aura plus que 5.000 soldats français en OPEXParallèlement au retrait des troupes d\'Afghanistan, la France allège également ses dispositifs au Liban et dans les Balkans. \"Grâce à la passation progressive des actions de sécurité aux forces armées libanaises, notre participation à la FINUL est passée, cette année, de 1.350 à 850 soldats - nous étions encore 1.600 il y a deux ans\", a expliqué le chef d\'état-major des armées. Au Kosovo, \"le dispositif évoluera en fonction de la situation politique\", a-t-il précisé. Ce pays \"dispose en effet désormais de la totalité des attributs d\'un pays indépendant mais sa situation est fragile\", a rappelé l\'amiral Guillaud.\"Au bilan et dans les circonstances actuelles, nous devrions être, à la fin de l\'année, à un étiage historiquement bas depuis vingt-cinq ans, avec moins de 5.000 hommes en opérations extérieures - à conditions constantes, bien sûr. Je rappelle que 13.500 hommes ont été engagés en OPEX au plus fort de l\'année 2011, que ce niveau d\'engagement n\'a jamais été inférieur à 10.000 au cours des dix dernières années et qu\'il s\'établit à 12.600 en moyenne sur les vingt dernières années\", a constaté le chef d\'état-major des armées. Du coup, le moral des troupes baisse, a-t-il affirmé : \"c\'est humain et nous en sommes conscients mais je fais confiance au chef d\'état-major de l\'armée de terre. Cela dit, nos armées restent déployées sur un certain nombre de théâtres\". Actuellement, il reste 3.400 sont déployés en Afghanistan (moins de 1 400 au 1er janvier prochain) 900 au Liban, 900 au Tchad, 500 en océan Indien et 300 au Kosovo.

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