2011, l'année où... le déficit commercial a explosé

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Jamais la balance commerciale de la France n'aura autant sombré. Le déficit commercial devrait atteindre « 70 milliards d'euros, voire 75 milliards » en 2011, a prévenu le secrétaire d'État au Commerce extérieur, Pierre Lellouche. Le précédent record de 56 milliards, atteint en 2008, est pulvérisé. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la France n'a jamais eu de tradition d'excédent commercial fort. En revanche, elle a connu une décennie de balance commerciale positive entre 1993 et 2003 (l'année 2000 faisant exception), qui ? un court laps de temps ? lui a permis de rêver à un « made in France » partant à la conquête du monde. Le décrochage est venu en 2004 et n'a cessé de s'accentuer depuis.La hausse de l'euro face au dollar et le coût de l'énergie (60 milliards de facture énergétique en 2008 !) sont les explications traditionnellement avancées. Mais elles ne convainquent plus. Et pour cause, confrontées aux mêmes difficultés, l'Italie contient son déficit tandis que l'Allemagne a réalisé en 2010 le deuxième excédent commercial au monde (154 milliards d'euros) après la Chine.Le problème ne réside pas tant dans la demande de produits français, qui se porte bien, que dans l'offre, a souligné Pierre Lellouche. D'où le cri d'alarme du candidat du Modem à la présidentielle de 2012, François Bayrou : « On ne produit plus en France ! » Ainsi, le pays a déserté les marchés porteurs (l'automobile), l'organisation de ses filières nuit à ses marchés d'excellence (l'agroalimentaire), elle reste trop concentrée géographiquement (en Europe) et peine à se lancer là où se trouve la croissance mondiale : en Inde, au Brésil, en Chine, en Russie. La France souffre aussi d'un faible nombre d'entreprises exportatrices (90.000, contre 115.000 en 2007), problème auquel le programme France-Export pour 2012 ambitionne de remédier. Il faut encore ajouter à ce catalogue la hausse du coût du travail en France, « due aux effets de la réduction du temps de travail légal décidée en 1998 » et à la pression de « cotisations sociales plus importantes » qu'en Allemagne, selon un rapport récent des députés de la commission des Affaires étrangères. La commission propose plusieurs mesures, allant d'une fiscalité incitative à la création d'agences régionales de l'export, en passant par une protection de l'Union européenne face aux « comportements commerciaux agressifs des puissantes émergentes?». Plus prosaïquement, la France peut espérer pour 2012 que la récession freine ses importations et que la bonne santé des demandes allemande et américaine tire ses exportations.

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