2011, l'année où... l'État a rationalisé son soutien aux PME

 |   |  512  mots
Faute de ressources budgétaires pour relancer l'économie, l'exécutif en est réduit à repenser son action dans le domaine économique pour en améliorer l'impact. C'est tout particulièrement vrai dans le domaine du soutien financier public accordé aux PME. Entre la banque publique Oséo, CDC Entreprises, la filiale du groupe Caisse des dépôts, et le Fonds stratégique d'investissement (FSI), le fonds souverain à la française, les chefs d'entreprise peinaient, semble-t-il, à dénicher le bon interlocuteur capable de les aider à financer leurs projets de développement. Lancé en 2008 par Nicolas Sarkozy, le FSI, était particulièrement dans le viseur des pouvoirs publics, ces derniers lui reprochant notamment de ne pas jouer son rôle de premier investisseur patient dans les secteurs d'avenir. « Nous n'avons pas besoin d'un hedge fund de plus avec des exigences de rentabilité et de dividendes délirants. (...). Il ne peut être question que le FSI, alors que la croissance ralentit, poursuive sur le rythme qui fut le sien ces derniers mois. (...) Je refuse que, dans les circonstances actuelles, la politique du FSI puisse être dirigée par des objectifs de rendement », a-t-il déclaré en célébrant le troisième anniversaire du fonds souverain.Budget de 350 millions d'eurosLa création en novembre du FSI Régions a permis de simplifier en partie l'action de l'État, en tout cas dans les territoires. Doté par redéploiement de ressources d'un budget de 350 millions d'euros, ce nouveau dispositif créé en partenariat avec Oséo « aura pour rôle d'accompagner les PME dans leurs recherches de financement, de financer parfois directement leurs projets et d'identifier enfin les rapprochements possibles en vue de favoriser la création d'entreprises de plus grande envergure qui manquent à notre tissu industriel », a précisé Nicolas Sarkozy le 17 novembre dernier. Telle une « superbanque » régionale, le FSI Régions a le mérite d'apporter un peu de clarté dans le maquis de dispositifs existants. Il est bon de noter qu'un tel projet de superbanque régionale est également porté par le Parti socialiste.Mais au niveau national, les nombreuses structures logées à Paris restent en place. Seront-elles enfin disposées à collaborer étroitement ensemble ? La question mérite d'être posée tant l'élaboration de FSI Régions fut le théâtre de nombreuses querelles d'ego, faisant passer l'intérêt général, c'est-à-dire le développement des PME et des ETI de ce pays, au second plan. La nomination de René Ricol, déjà en charge des investissements d'avenir du grand emprunt, à la fonction de grand coordonnateur de l'action publique n'est pas anodine. « Je n'ai pas un rôle de gendarme. Mais il faut avoir à l'esprit que les petites querelles sont inadmissibles quand elles risquent de se traduire par des fermetures d'entreprises et des destructions d'emplois. Il faut agir rapidement et efficacement lorsque des entreprises appellent à l'aide et il me semble que tout le monde est maintenant bien d'accord », a-t-il récemment déclaré à « La Tribune » (lire l'édition du 1er décembre). À bon entendeur... Fabien Piliu

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :