Crise oblige, les Américains sont nombreux à cumuler plusieurs emplois

« Doorman » dans un immeuble chic au coin de la 63e rue et de Madison Avenue depuis dix-neuf ans, Jay Herrera, 42 ans, se croyait à l'abri des tracas financiers. Avec un salaire mensuel de 3.750 dollars (2.678 euros) et des étrennes qui, dans l'Upper East Side, peuvent facilement atteindre 4.000 dollars (2.857 euros), ce Colombien d'origine, aujourd'hui citoyen américain, regardait avec fierté le chemin parcouru. Une intégration réussie, une femme employée dans un groupe industriel, trois enfants scolarisés dans d'honnêtes écoles publiques et une grande maison dans le New Jersey « parce que c'est beaucoup moins cher et que les impôts sont moins élevés que dans l'État de New York ». La crise financière a eu raison de sa tranquillité. « Avec le remboursement du prêt pour ma maison qui s'élève aujourd'hui à 2.000 dollars par mois, les frais de la vie courante et ce que je dois mettre de côté pour payer les études de mes enfants, je n'arrivais plus à joindre les deux bouts », explique t-il. Alors après ses journées « officielles », Jay Herrera s'est mis en quête de revenus d'appoint, peu importe la nature du travail. Tous les jours, y compris le week-end, de 17 heures à 20 heures, il fait désormais des ménages dans les bureaux des rues adjacentes, sort les poubelles, balaye ou déneige les trottoirs [Ndlr, aux États-Unis, leur entretien est à la charge des immeubles]. Il offre en outre ses services pour de menus travaux de peinture, plomberie et autres qu'il facture entre 50 et 200 dollars. « Mes trois autres employeurs officieux et mes diverses interventions d'homme à tout faire ont augmenté mes revenus de 20 % par mois », poursuit-il. heures sup chez les particuliersÀ New York, comme partout ailleurs aux États-Unis, cet état de fait est loin d'être exceptionnel. Des esthéticiennes qui font des heures supplémentaires chez des particuliers dès 6 heures du matin, des ingénieurs qui donnent des cours de maths après le bureau, des agents immobiliers qui, le soir venu, se convertissent en rédacteurs free-lance : les exemples sont légion. Et le phénomène s'est amplifié depuis deux ans. Selon le Bureau des statistiques du travail, ce sont désormais 9,5 millions d'Américains qui jonglent avec deux emplois. En sachant que le travail au noir, n'est de fait, pas pris en compte...Sixtine Léon-Dufour, à New York.

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