La polémique sur l'éolien empoisonne le projet de loi Grenelle 2

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L'éolien va-t-il faire exploser le Grenelle 2 ? Alors que l'Assemblée nationale s'apprête à débattre à partir du 4 mai, du projet de loi portant engagement national pour l'environnement, communément intitulé Grenelle 2, partisans et adversaires de l'éolien fourbissent leurs armes.Le développement de l'éolien constitue en effet l'un des articles phares du texte. Car il s'agit de mettre en musique l'un des engagements votés dans la loi Grenelle 1, qui stipule qu'à l'horizon 2020 la France produira 23 % de son électricité à partir d'énergies renouvelables. Concrètement, cela signifie la construction de centaines de parcs éoliens sur l'ensemble du territoire, là où la rose des vents leur est favorable.Et c'est précisemment ce dont ne veulent pas un certain nombre de parlementaires UMP. Lors des travaux en commission, ils ont adopté plusieurs amendements, qui, selon les pro-éoliens, restreignent fortement les possibilités d'expansion, et risquent même de « tuer le développement de l'énergie du vent », s'alarme Arnaud Gossement, avocat spécialiste de l'environnement. Outre quelques arguments fantaisistes, réfutés formellement par plusieurs études, sur le fait que « les éoliennes tuent les oiseaux » ou « font tourner le lait des vaches », les anti-éoliens s'appuient sur un phénomène social bien plus prosaïque : très favorables dans les sondages aux énergies renouvelables, les Français sont nombreux à devenir allergiques aux moulins à électricité dès lors qu'on leur annonce qu'ils vont côtoyer leurs habitations. protection des habitantsLes amendements précisent donc par exemple qu'aucune éolienne ne pourra être érigée à moins de 500 mètres d'une zone habitable, construite ou non. Cette mesure de protection des habitants implique qu'on accepte de renoncer parallèlement à implanter des centaines d'éoliennes dans des couloirs venteux qui leur seraient propices, et donc se priver d'une production importante d'énergie verte. Si l'on peut néanmoins comprendre ces précautions, au regard des difficultés que rencontrent certains élus locaux face à la colère de leurs électeurs, d'autres mesures ne laissent pas d'étonner. Ainsi en est-il de l'amendement qui impose le classement des parcs éoliens en ICPE (installation classée pour la protection de l'environnement) et qui élève les aérogénérateurs au même rang que les usines chimiques dangereuses !Tous ces « freins à l'éolien » traduisent en réalité les véritables intentions de la majorité, analysent Philippe Plisson (PS) et François de Rugy (Verts) : protéger l'industrie nucléaire et tout faire pour freiner le développement de l'éolien terrestre au profit de l'éolien en mer. Les poissons en effet ne votent pas !

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