Attablé au café du village, Joaquim*, un habitant du hameau de Silha do Pascoal (région de l'Alentejo, dans le sud du Portugal), prend plaisir à raconter les dessous de la culture du chêne, qui peuple des milliers d'hectares à la ronde. Comme beaucoup de ses voisins, l'homme d'une cinquantaine d'années a travaillé la majeure partie de sa vie dans la sylviculture. Célèbre pour ses chênaies, la région de l'Alentejo fournit au Portugal, le premier exportateur au monde de liège, 70 % de ses stocks.
« Ici, la forêt a toujours donné du travail à beaucoup de gens, raconte-t-il. Il faut quand même avouer que les temps sont plus durs : à cause du changement climatique, il y a moins d'eau, par exemple. » Alors que la sécheresse frappe la région de façon chronique, l'usage de l'eau pour l'agriculture ou la consommation fait parfois l'objet de restrictions.
Malgré une vie rude, Joaquim n'abandonnerait pour rien au monde ce village paisible de 600 âmes. Il craint qu'un gigantesque projet minier prévu entre Grândola, sa commune, et celle voisine d'Alcácer do Sal ne perturbe cette tranquillité. L'entreprise Redcorp (du groupe canadien Ascendant) veut y installer une mine de cuivre, de zinc et d'or, sur 7.000 hectares.
Mercredi 9 juillet, l'Agence portugaise de l'environnement a décliné ce projet, arguant que la mine se situerait « dans une zone très sensible, à la source de l'eau consommée par les populations locales », comme l'a détaillé son président, José Pimenta Machado, à la presse.
Même si le projet est en pause, je ne suis pas tranquille. À la fin des onze années d'exploitation prévues, il a été calculé qu'il resterait l'équivalent d'un immeuble de huit étages de déchets toxiques, à ciel ouvert.
Belinda Sobral, une commerçante de Silha do Pascoal
Kenza Soares El Sayed, correspondante au Portugal