Le Rwanda menacé de sanctions
Antoine Malo
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Le Rwanda est accusé de soutenir le M23.
LTD/Arlette Bashizi/REUTERS
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Faut-il sanctionner le Rwanda ? Cela fait plusieurs jours que cette question embarrasse bon nombre de chancelleries occidentales. Le « pays aux mille collines » est en effet accusé de soutenir le M23, ce mouvement rebelle qui, depuis plus d'une décennie, livre une guerre aux militaires de la République démocratique du Congo (RDC) dans le Kivu, cette région riche en minerais de l'est du pays. Cette fois, l'organisation, composée principalement de combattants tutsis, est allée au-delà de son habituelle stratégie de gagne-terrain en s'emparant lundi de Goma, un million d'habitants.
Pour la majorité des experts, cette percée n'aurait pas été possible sans l'aide actif du Rwanda. Les Nations unies affirment que Kigali, en plus d'un appui matériel et logistique au M23, a déployé au moins 3 000 hommes en RDC qui combattraient aux côtés des rebelles. « Encore faudrait-il que l'ONU en avance les preuves », coupe Yolande Makolo, la porte-parole du gouvernement rwandais jointe vendredi.
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Elle rejette tout aussi fermement l'appel de Jean-Noël Barrot - le ministre des Affaires étrangères français a été dépêché dans la région cette semaine - au retrait des soldats rwandais du sol congolais. « Je pense que la France, plus que tout autre pays, comprend ce à quoi le Rwanda fait face en matière de sécurité, a-t-il affirmé. Nous aurions donc pu attendre une analyse plus nuancée de sa part. » Et d'accuser la RDC d'abriter des éléments des FDLR, ces milices hutues responsables du génocide rwandais de 1994 qui constitueraient toujours un danger « existentiel » pour son pays.
Antoine Malo
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