François Bayrou face à un « Himalaya budgétaire » aux pentes de plus en plus glissantes
Nicolas Prissette
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Le Premier ministre François Bayrou à Matignon, samedi 14 décembre 2024.
LTD/Eliot Blondet/Abaca
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Nul besoin pour François Bayrou de noircir la situation financière de la France. Moody's s'en est chargé. Par surprise, l'agence de notation a dégradé dans la soirée de vendredi à samedi la note du pays. Elle attribue désormais aux emprunts d'État tricolores un « Aa3 », une appréciation comparable à celles des autres agences. Fait inhabituel, la sanction a été publiée en dehors du calendrier prévu. Cette initiative pourrait-elle inspirer ses consœurs ? Fin novembre, Standard & Poor's a maintenu sa propre note. Ce qui a étonné les économistes.
Moody's tire un signal d'alarme motivé par la motion de censure. « La fragmentation politique devrait probablement empêcher une consolidation budgétaire significative », soulignent ses experts. En repoussant l'adoption du budget de la France à l'Assemblée, les députés NFP et RN ont privé les créanciers de visibilité. L'incertitude sur le déficit public n'a jamais été aussi grande. Il existe un « risque de hausse durable des coûts de financement ».
Sans se prononcer sur le nom du nouveau Premier ministre, l'agence de notation doute que le nouvel exécutif puisse trouver un consensus au Parlement pour redresser les comptes. Elle parie sur une forme d'immobilisme : « Il y a une probabilité très faible que le prochain gouvernement réduise durablement la taille des déficits budgétaires au-delà de l'année prochaine. » Un pessimisme partagé également à Bruxelles.
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L'avis de Moody's alourdit le climat. Mais, pour François Bayrou, l'équation reste entière... et floue. Le déficit de l'année 2024 - son point de départ - est une première inconnue majeure. Le gouvernement Barnier tablait sur 6,1% du PIB. Or la conjoncture économique chancelle, et aucune mesure d'économie nouvelle n'a été prise. Le nouveau locataire de Matignon pourrait hériter d'un déficit un peu plus élevé.
Nicolas Prissette
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