Jeudi, Boualem Sansal sera fixé sur son sort. Et selon toute vraisemblance, son futur s'annonce sombre. Plusieurs sources très proches du dossier estiment en effet que l'auteur franco-algérien de 80 ans, accusé d'atteinte à l'intégrité territoriale de l'Algérie et incarcéré depuis le 16 novembre, va être lourdement condamné par le tribunal correctionnel de Dar El Beida, près d'Alger. Les juges devraient suivre le réquisitoire très sévère du procureur, qui, il y a trois jours, a demandé dix ans de prison à l'encontre de l'écrivain.
Même si la justice algérienne affirme que l'auteur a souhaité se défendre seul, ses soutiens s'indignent des conditions dans lesquels ce procès expéditif s'est tenu : « C'est un procès fantôme qui n'a rien à voir avec l'idée que chacun peut se faire de la justice, dénonce ainsi son avocat français François Zimeray. Boualem Sansal n'a pas été défendu, n'a pas eu accès à son dossier. »
D'autres personnalités, comme le maire de Cannes, David Lisnard, ou l'ex-Premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve, ont aussi exprimé leur inquiétude et demandent la libération de l'auteur. En vain, pour l'instant.
Un scénario reste néanmoins espéré par Paris : celui d'un élargissement de l'écrivain. « La fin du ramadan va arriver, c'est souvent l'occasion des grâces présidentielles, selon le droit algérien, estime un conseiller gouvernemental qui suit le sujet de près. Il y a aussi une possibilité qu'il ne soit pas gracié, mais libéré pour des raisons de santé. »
Il n'empêche. La crise entre les deux rives de la Méditerranée est loin d'être finie. Chez Bruno Retailleau, on reste sur le qui-vive. Le rejet lundi par Alger d'une liste de 60 de ses ressortissants expulsables car jugés « dangereux » a remis de l'essence dans le moteur du ministre de l'Intérieur, qui a lancé une réponse graduée.
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